On parle beaucoup d’écologie dans ces municipales, mais d’une façon très nouvelle, et plutôt surprenante : le symbole de ces municipales 2020, c’est un être vivant avec des racines, un tronc, des feuilles. Vous l’aurez reconnu : c’est l’arbre. Vous ne trouvez plus une seule liste qui ne propose d’en planter partout.

Les arbres, symbole des municipales
Les arbres, symbole des municipales © Getty / sarayut Thaneerat

Prenez Paris. Anne Hidalgo promet 170 000 arbres en 6 ans. 80 par jour quand même ! Son adversaire Benjamin Griveaux veut, lui, créer un Central Park dans le nord-est de la capitale. 

Partout, c’est la surenchère, c’est à qui alignera plus de graines. A Strasbourg, le PS veut 50 000 arbres de plus sur un mandat. La droite, elle, voit plus grand : ce sera 50 000 de plus, mais chaque année, si elle l’emporte. 

A Nancy, le maire sortant Laurent Hénart veut créer 10 hectares de plantation. A Rennes, la candidate Carole Gandon, une macroniste, promet une petite cérémonie de plantation pour tous les nouveaux arrivants dans la ville ou tout nouveau bébé.

Qu’est-ce que cette vogue raconte ?

Les villes sont confrontés désormais à des étés très chauds, il faut donc moins de béton, plus d’endroits pour lutter contre la chaleur. Alors, on végétalise, mais les candidats pensent aussi, évidemment, à des raisons plus terre à terre. 

Ils ont bien vu que les Français veulent de l’écologie. Mais pas celle des grandes causes théoriques. Pas la lutte contre le nucléaire. Non, l’écologie qui cartonne elle est apolitique, c’est celle des petits gestes du quotidien, du concret. Et voilà comment on retrouve nos amis les arbres. 

En plus, les arbres, ce n’est pas cher et on peut rapidement donner le tournis avec des gros chiffres. Xavier Bertrand annonce 1 million d’arbres dans les hauts de France, d’ici trois ans. Et la région Bretagne en plantera 5 millions d’ici 5 ans. Ça envoie du bois ! 

Bonne nouvelle pour la planète ou "greenwashing"

C'est plutôt une bonne nouvelle pour la planète, à condition que ce ne soit pas du « greenwashing », comme on dit. C’est-à-dire du simple marketing. De l’affichage politique. 

Regardez, ce qui s’est passé en Ethiopie, l’an dernier. Les autorités ont claironné qu’elles avaient planté 350 millions d’arbres en une seule journée. Belle pub, mais impossible à vérifier. 

Et puis, les arbres, c’est bon pour le climat… dans la durée.  Un arbre, ça met au moins vingt ans avant de piéger réellement du CO2. Il faut donc des mini forêts qui ne disparaissent pas dans dix ans, avec des espèces locales. 

Enfin et surtout il ne faut pas se dispenser de changer nos façons de vivre, simplement parce qu’on a fait pousser un chêne. La bonne conscience, c’est comme les feuilles, ça finit par tomber.  

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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