La courbe de popularité de Manuel Valls est un phénomène assez particulier. Manuel Valls a toujours tout fait pour être apprécié au-delà de son camp. Et ça a marché. Il faut se souvenir qu’en 2011, lors de la primaire du PS, des sympathisants de droite avaient voté pour lui. Ils trouvaient que ça valait la peine de donner lui un coup de pouce, son discours économique leur plaisait et Valls ne les a pas déçu, au contraire. À l’automne, lorsque le ministre de l’Intérieur dit que les Roms n’ont pas vocation à s’intégrer en France, il devient même plus populaire à l’UMP que François Fillon et Jean-François Copé. Rendez-vous compte : selon Ipsos pour Le Point, il atteint une côte de popularité de 70% à droite. Évidemment, avec un tel passif, on était curieux s’il pouvait rester si haut à droite en étant chef du gouvernement.Mais non : mi-mai, il avait déjà perdu jusqu’à 10 points à droite, en fonction des instituts. Une tendance confirmée par Opinion Way ce dimanche. Il perd 16 points en un mois.

manuel valls appelle à de nouvelles baisses d'impôts
manuel valls appelle à de nouvelles baisses d'impôts © reuters

Mais Manuel Valls peut se payer un luxe très rare, peut être unique en politique : celui de ne pas être mécontent de baisser dans les sondages. J’ai même vu un de ses proches afficher sourire en disant que le Premier ministre avait perdu des points à droite en s’engageant dans la campagne des européennes.

La raison est simple : Manuel Valls veut être Président de la République un jour. En 2022 sûrement, mais aujourd’hui, certaines études assurent qu’il serait même mieux placé que François Hollande dès 2017. Le Président, lui, n’est pas très en forme dans les sondages. Mais les proches de Hollande rétorquent que c’est bien beau, que Manuel Valls est peut-être mieux placé pour un second tour, mais que pour un premier tour, il n’est pas en mesure de rassembler à gauche, qu’il est trop clivant.

Le Premier ministre baisse en général, mais uniquement à cause de sa baisse à droite. Il reste ultra populaire à gauche, 65% d’opinion favorable dimanche. Et plusieurs études montrent qu’il est en forte hausse chez les écolos, jusqu’à plus 12 points. Manuel Valls ne peut que s’en satisfaire, lui qui répète depuis des années qu’il est de gauche pour ceux qui aurait tendance à l’oublier. Les militants socialistes en ont longtemps douté, mais il semble que ceux de droite commencent à le comprendre.

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