Le mouvement des urgentistes se durcit et des manifestations sont prévues aujourd'hui malgré les annonces de la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Une ministre qui n'est pas au bout de ses peines...

Agnès Buzyn, ministre de la Santé
Agnès Buzyn, ministre de la Santé © Getty / Aurelien Meunier

C'est la tuile ! Ce mouvement arrive au pire moment pour Agnès Buzyn.

Elle devait prendre son élan pour faire passer des textes explosifs, qui vont se succéder. Et qui vont faire d'elle la ministre la plus exposée des prochains mois.

Accrochez-vous. La ministre de la Santé va porter à l'assemblée les retraites, elle va porter la bioéthique, la fin de vie, la PMA pour toutes les femmes – le texte, c'est pour juillet.

Elle doit s'occuper de la sécurité sociale, de sa loi Santé et, pour finir, on annonce une loi sur la dépendance, à l'automne. Il faut trouver des milliards pour  préparer la France au vieillissement.

Et tout ça, sans lever de nouvel impôt. Et en travaillant quasiment seule.

Elle n'a que deux secrétaires d'Etat. L'un s'occupe de la protection de l'Enfance ; l'autre, de la lutte contre la pauvreté. Bref, Buzyn a quinze fers au feu. Elle prend tous les coups. Comme cette colère des urgentistes, qui sont débordés, qui craquent.

Elle essaie de les calmer. Elle leur dit : Patience. Je mets le paquet contre les déserts médicaux. Vous verrez, ce sera bénéfique pour vous, parce que, mécaniquement, il y aura moins de gens aux urgences pour des petits bobos, mais ça ne suffit pas.

Agnès Buzyn a un côté sérieux, qui peut passer pour de la froideur. Elle fait bonne élève. Elle refuse les grosses ficelles, les petites phrases. Elle vient de la gauche. Elle aurait tout à fait pu laisser entendre, par des phrases à double sens, que l'hôpital mérite beaucoup plus d'argent. Ça en aurait fait la voix de gauche du gouvernement, ça lui assurait, au passage, une certaine notoriété…

Pourquoi refuse-t-elle de rentrer dans ce rôle-là ?

Elle hésite à se convertir en ministre politique. Beaucoup pensaient que cette prof de Necker, spécialiste d'hématologie, allait contrebalancer les Le Maire, les Darmanin, les Edouard Philippe, bref, toutes les voix de droite, mais non.

Elle aurait pu être la tête de liste aux européennes de Macron, elle a été tentée. Elle a finalement abandonnée, un peu mystérieusement, dans la dernière ligne droite. Ca a profité à Nathalie Loiseau.

Elle aurait pu aussi fédérer la gauche du gouvernement autour d'elle.

C'est une femme qui a de la prestance, un parcours, c'est l'ancienne belle fille de Simone Veil. Mais cette macronie de gauche, elle est en train de se structurer autour de deux de ses collègues, Jean-Yves le Drian et et Didier Guillaume. Son heure à elle attendra.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.