Après les élections de jeudi dernier en Grande-Bretagne, trois leaders politiques trois perdants ont aussitôt démissionné. En France, certains pourraient en prendre de la graine.

Nos voisins bristish viennent de nous infliger une sacrée leçon d'éthique et de responsabilité politique: les trois responsables des partis qui ont perdu les élections ont tiré leur révérence avec élégance. En Grande-Bretagne, c'est clair: on perd, on part! Et ils ne sont pas les premiers en Europe, il y avait déjà eu Gerhard Schröder, Gordon Brown ou José Maria Aznar. En France, en revanche, on n'a qu'un seul exemple, Lionel Jospin le 21 avril 2002. Et encore, on l'avait accusé d'être un déserteur...

Allez, je fais du mauvais esprit, on a quand même quelques exemples de politiques qui ont raccroché les crampons: Jean-Pierre Chevènement, Daniel Cohn-Bendit, Jean-Louis Borloo, Philippe de Villiers, Arnaud Montebourg. Ah non, pardon, pas Montebourg, il fait juste une pause dans le privé. Comme dit Manuel Valls en OFF : « à défaut d'être habité, il est chez Habitat ! »

Aucun poids lourds dans cette liste de sortants certes, mais imaginez le cimetière des éléphants si nos grands leaders avaient claqué la porte après des défaites ! Ce serait l'hécatombe ! Ségolène Royal serait partie après sa défaite de 2007, François Bayrou élèverait des chevaux dans le Béarn, Alain Juppé se serait installé au Québec après la dissolution ratée de 1997, Harlem Désir n'aurait jamais été promu ministre après les municipales, Jean-Christophe Cambadélis aurait quitté le PS après les européennes, et Nicolas Sarkozy ne serait jamais revenu. A ce propos, j'ai retrouvé un OFF croustillant qui date de janvier 2014 où l'ancien président disait: « certains imaginent que je deviendrai président de l'UMP, que je participerai à des primaires et que je créerai un nouveau parti.

Les pauvres, c'est grotesque! » A sa décharge, le général de Gaulle, son modèle, avait lui aussi annoncé en 1946 qu'il arrêtait « définitivement » la politique... avant de revenir 12 ans après.

Est-ce que cela n'explique pas en partie le divorce des Français avec les politiques ?

En tout cas, d'après les sondages, deux tiers des Français veulent du renouvellement. Mais en France, la politique, c'est une profession avant d'être une mission. Et du coup, beaucoup d'électeurs ont le sentiment que les politiques sont d'abord là pour se servir plutôt que pour servir.

Allez, à la décharge des élus qui s'accrochent, je rappelle que François Mitterrand et Jacques Chirac n'auraient jamais été présidents s'ils avaient renoncé après leurs échecs. Or, d'après un sondage Odoxa, ils sont aujourd'hui les deux présidents chouchous des Français ! Pas le moindre des paradoxes.

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