Même si leur candidat a gagné, les soutiens d’Emmanuel Macron vivent en ce moment un véritable calvaire.

Par Renaud Dély.

Pourquoi donc ? Parce qu’ils veulent leur part de gâteau. Et ils ne sont pas sûrs du tout de l’avoir. Le phénomène se reproduit à chaque formation d’un nouveau gouvernement. Appelons-ça « le stress du ministrable »… C’est un mal qui frappe tous ceux qui rêvent d’entrer au gouvernement. La rumeur a enflé, on a soufflé leur nom dans les dîners en ville, la presse les a cités. Alors ils attendent un signe. Un signe d’en haut. Seulement voilà, vous avez vu Emmanuel Macron dimanche soir au Louvre. Il est devenu mitterrandien. Certains le surnomment le Sphinx. Et un Sphinx, ça ne dit rien, ça ne bouge pas, ça ne cille pas. Et je vous garantis que dans l’entourage du nouveau Président, ça les rend dingue.

Comment savoir qu’un responsable politique rêve effectivement de devenir ministre ?

C’est simple. Vous prenez votre portable et vous appelez un élu sur le sien. Il ne répond pas. Normal. Ras le bol des journalistes, assez vu, on les a eu sur le dos toute la campagne, et puis c’est pas le moment d’occuper la ligne…

Vous laissez passer trois minutes et vous rappelez le même politique mais cette fois en numéro masqué. Et là, miracle, il répond tout de suite, dans la seconde, la voix un peu fébrile. J’ai fait l’expérience hier avec un centriste que beaucoup annoncent au gouvernement et ça a marché tout de suite.

Du côté du staff d'Emmanuel Macron, on n'est pas plus détendu. Son porte-parole Benjamin Griveaux, le député de Paca Christophe Castaner, l’économiste Marc Ferracci, et quelques autres, bref, ceux qu’on a vus en première ligne depuis le début sont les plus stressés. Macron ne leur a rien dit. Plus de son, plus d’image.

J’ai vu l’un de ces fidèles hier. Il rêve d’un gros ministère et je peux vous dire qu’il n’en menait pas large. Il sursautait à chaque fois que son portable vibrait. Il avait l’oeil fixé sur ses textos. Et il m’a vite rappelé qu’en 2007, Nicolas Sarkozy avait laissé tombe Patrick Devedjian qui le servait pourtant depuis 25 ans. « L’ouverture devrait aller jusqu’aux sarkozystes », s’était plaint Devedjian. Et en 2012, c’est le fidèle d’entre les fidèles, Stéphane Le Foll, le seul qui n’ait jamais lâché Hollande, qui a bien failli passer à la trappe. C’est un autre hollandais, François Rebsamen, qui avait convaincu le nouveau président à la toute dernière minute de le nommer à l’Agriculture. Hé oui, ministre c’est pas un job de tout repos, mais « ministrable », c’est bien plus stressant encore !

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