Le 28 août 2018 le ministre de la transition écologique claquait la porte du gouvernement en direct sur France Inter. Un basculement dans le quinquennat.

Nicolas Hulot en janvier 2020 à La Défense
Nicolas Hulot en janvier 2020 à La Défense © AFP / Michel Stoupak / NurPhoto

Aujourd’hui, au sein de la macronie, l’écolo préféré des Français suscite toujours colère et crainte. Quand vous interrogez certains ministres, ils voient rouge dès que l’on évoque le nom de celui qui est accusé d’avoir déserté.

D’autres se préoccupent de son pouvoir d’influence et pensent entrevoir son ombre planer au-dessus du neuvième groupe parlementaire, à tendance écolo qui pourrait être créé à l’Assemblée. De quoi fracturer la République en marche et surtout lui faire perdre la majorité absolue. Cette hypothèse a agité le marigot politique tout le week-end.

Hulot est-il vraiment derrière tout cela ? 

C’est toute la question. Mais pourquoi se pose-t-elle ? Parce que depuis des mois, le député Matthieu Orphelin évoque la création de ce groupe parlementaire dissident. Or Matthieu Orphelin qui a quitté La République en marche en février 2019 est un très proche de Nicolas Hulot. Il a même été porte-parole de sa fondation.  

S’il agit en sous-main, Orphelin prône en public, l’union nationale. Comme s’il ne voulait pas interférer avec la communication de Nicolas Hulot, occupé lui à la promotion de son manifeste « le temps est venu », qui vise avant tout à peser sur les décideurs politiques, à la manière de son pacte écologique de 2007. 

Hulot gêne-t-il Emmanuel Macron avec cette initiative ? 

Non, au contraire, il lui tend même la main. On le comprend bien en lisant non pas son manifeste mais ses interviews. Que dit l’ancien ministre ? Que le temps n’est pas venu des divisions ou des querelles de partis ou de la recherche de responsabilité dans la crise du coronavirus. Rien de pénible aux oreilles du président. 

Que dit-il encore ? « Que tout ce qui affaiblit le pouvoir nous rapproche d’offres politiques très dangereuses. » Du pain béni pour Macron.

Interrogé hier soir dans C politique, Hulot a même fait un pas en direction « du gouvernement d’unité nationale ouvert et fédérateur » que détaillait son ami Orphelin dans le Parisien le matin même.

Celui-ci propose par exemple de regrouper l’économie et l’écologie au sein d’un même ministère, pour réconcilier la fin du monde et les fins de mois. 

Il est pour le moins paradoxal que le même Hulot, qui avait plombé la rentrée 2018 de l’exécutif, semble désormais prêt à faciliter celle de septembre 2020. Et à s’auto-persuader qu’Emmanuel Macron serait partant pour un virage vert. Ce qui reste largement à démontrer. 

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