Nicolas Sarkozy touché par les affaires mais pas coulé, même si certains de ses concurrents l’espèrent secrètement.

le bâtonnier de paris saisit hollande sur les écoutes de nicolas sarkozy
le bâtonnier de paris saisit hollande sur les écoutes de nicolas sarkozy © reuters

Rien n’est anodin dans les attitudes de Nicolas Sarkozy. L’ancien président est au centre d’un cyclone comme il n’en a jamais connu depuis sa défaite en mai 2012. Et pourtant, hier, à Nice, il arborait un très large sourire et il s’est livré à un très long bain de foule.

Le message était clair : je suis toujours là et vous devez compter avec moi. Un message qui s’adressait aussi bien au pouvoir en place qu’à son propre camp, et surtout à celui-ci. Car à droite, les couteaux sont sortis et malgré les déclarations de bons sentiments à l’ancien président, ses concurrents se frottent les mains de ses nouveaux déboires. La primaire à droite a bel et bien commencé.

2014 pourrait laisser des victimes sur le bord du chemin. Un ancien ministre de Nicolas Sarkozy confiait hier qu’en 2014, la droite compterait ses morts . En tous cas, les grandes manœuvres se préparent. Entre François Fillon et Jean-François Copé, le front des non-alignés –ils se qualifient ainsi eux-mêmes c’est vous dire que l’ambiance est guerrière- Alain Juppé, Bruno Le Maire et Xavier Bertrand, est entré en action. Leur objectif : laisser Jean-François Copé et François Fillon s’opposer et se neutraliser, mais aussi empêcher le retour de Nicolas Sarkozy ou en tout cas l’obliger à se soumettre le moment venu à une compétition intern, à cette primaire dont l’ex ne veut toujours pas.

Ils ne désespèrent pas de rallier à eux Nathalie Kosciusko-Morizet, qui pourrait aussi vouloir en découdre pour 2017…surtout si elle n’est pas élue à la mairie de Paris dans quelques jours. Il n’y a pas que dans la téléphonie que les rapprochements se font pour dézinguer un concurrent. Des rapprochements qui à l’UMP sont essentiellement opportunistes.

Sauf que ces non-alignés ne sont pas d’accord sur tout, loin de là. Rien n’est figé . A ce stade, ce sont des coalitions à géométrie variable. Des jeux de billard à dix bandes… Les alliés d’aujourd’hui ne sont pas forcément ceux de demain. Par exemple Alain Juppé qui - officiellement bien sûr n’est pas dans la course à ce stade- souhaite avancer la date de la primaire au début de l’année 2016. Mais Bruno Le Maire, de concert avec Xavier Bertrand exigent, eux, qu’elle ait lieu à l’automne, sur le modèle de ce qu’avaient fait les socialistes en 2011. Le chacun pour soi fait de plus en plus loi à l’UMP. « Chacun sa m… », disait récemment un proche de Jean-François Copé après les révélations du Monde contre Nicolas Sarkozy.

Les malheurs de Sarkozy font forcément le bonheur de certains et ils sont nombreux. Le carré de vrais fidèles de Nicolas Sarkozy se resserre. Et à part Bernadette Chirac qui hier encore se disait persuadée qu’il serait réélu en 2017, personne, à droite, ne se risque à un tel pronostic.

La guerre de position à l’UMP est en train de se muer en guerre de mouvement. En fonction des résultats, l’après municipales risque d’être sanglant.

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