Jusqu’à présent, ces deux-là semblaient s’ignorer mais voilà que le chef d’Europe écologie les Verts et le chef des Insoumis s’invectivent publiquement.

En 2017 lorsque Yannick Jadot annonçait qu'il retirait sa candidature au profit de Benoît Hamon pour l'élection présidentielle
En 2017 lorsque Yannick Jadot annonçait qu'il retirait sa candidature au profit de Benoît Hamon pour l'élection présidentielle © Maxppp / Alexandre MARCHI

Si Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot multiplient ces derniers temps les attaques – le premier a lancé les hostilités en accusant le second de faire le jeu de Macron, l’autre lui répliquant qu’il prône une économie à la Maduro, référence au président Vénézuélien, c’est que les cartes électorales ont changé: les écologistes ont un peu progressé, quant aux Insoumis, non seulement ils n’ont rien gagné dans la crise des Gilets jaunes malgré une tentative forcenée de récupération, mais ils se sont effondrés. 

Résultat: dans le dernier sondage de l’IFOP pour Paris-Match, la liste EELV de Yannick Jadot et celle des Insoumis emmenée par Manon Aubry, seraient au coude à coude aux alentours de 7%. Bref plus qu’une querelle pour savoir qui sera le plus écologiste, c’est le leadership à gauche qui est désormais en train de se jouer. Un affrontement au sommet, à 7% d’intentions de vote. 

Pas de quoi fanfaronner car cela montre surtout l’état de délabrement de la gauche

D’abord quand on se souvient que Jean-Luc Mélenchon avait obtenu près de 20% des suffrages au premier tour de la présidentielle en 2017, on mesure l’ampleur de la catastrophe pour les Insoumis. Quant aux écologistes, alors qu’ils enregistrent des succès un peu partout en Europe (Allemagne, Belgique, Luxembourg), en France, ils volent à peine au-dessus des pâquerettes. Si on ajoute que selon le même sondage de l’IFOP, le PS plafonne à 5 % d’intentions de votes et que lui non plus ne ménage pas ses deux autres rivaux, il est à parier que la bataille n’a pas fini de faire rage à gauche. Mais ce n’est qu’une bataille de nains qui doit bien faire rigoler chez Emmanuel Macron ou Marine Le Pen

La situation peut-elle encore évoluer ?  

Certainement pas d’ici le mois de mai. Mais après les élections européennes, c’est à voir. Certes chacun sait qu’une alliance entre les Insoumis de Mélenchon et les autres formations de gauche est totalement improbable.  En revanche une alliance entre les partis réformistes n’est pas totalement illusoire, au moins en théorie. Cette semaine Laurent Berger et Nicolas Hulot ainsi qu’une kyrielle d’associations et de syndicats ont posé, malgré leurs divergences, les bases de ce qui pourrait être un programme social et écologiste. Reste à savoir si, une fois les élections passées, l’initiative aura une traduction politique. On verra alors si cette gauche globalement social-démocrate a encore du bon sens ou demeure la plus bête du monde.

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