On dit toujours qu’il y a une crise démocratique en France, on parle de défiance envers les élus. Pourtant, si on regarde ces municipales, on devrait plutôt se dire le contraire. Il y aura dimanche, pas moins de 900 000 Français candidats. C’est énorme ! C'est donc 1,34% de la population qui fait campagne.

Municipales : 900 000 candidats ! Ici la façade de la mairie d'Audenge, en Gironde
Municipales : 900 000 candidats ! Ici la façade de la mairie d'Audenge, en Gironde © AFP / VALENTINO BELLONI / HANS LUCAS

Sur ces 900 000, près de 500 000 seront élus. Ils deviendront simples conseillers municipaux. Ou adjoints, voire maires, et rappelons le, pour la plus plupart, ils ne seront pas payés ou une misère. 

Pourtant, ces derniers moins les associations d’élus parlaient de crise de l’engagement

Elles avaient tort ! Elles ont sans doute agité le spectre d’une désaffection générale pour faire de leurs dossiers. Mais, selon les chiffres officiels, on aura quasiment 7 maires sur 10 qui se représentent. Malgré les violences sur les élus, malgré des conditions difficiles. Au final, il n’y a que 106 communes qui n’auront aucun candidat. C’est insignifiant sur 35 000 communes. 

Il y a en France, une coloration qu’on n’a pas forcément ailleurs. C’est l’amour pour la chose publique. Le débat. La contestation, aussi. Ca fait partie du débat !

Certes, il y a moins de gens dans les partis et dans les associations, mais on a une effervescence civique qui s’exprime ailleurs, dans les urnes et dans la rue.

Dans ce contexte, comment faudra-t-il analyser la participation aux municipales ?

C’est l’un des scrutins préférés des Français. C’est le plus concernant, celui des sujets du quotidien. Et les maires sont les élus les plus appréciés. C’est d’ailleurs pour cela qu’Emmanuel Macron avait choisi de s’appuyer sur eux pour le grand débat.

En général, la participation à ce scrutin est assez bonne, la plus importante après la présidentielle. Ajoutons à cela qu’on sort d’élections européennes, en 2019, qui ont été un bon cru. Bref, la mobilisation citoyenne dont je viens de parler devrait se traduire dans les urnes. 

« Devrait » parce qu’avec le coronavirus, certains citoyens peuvent être tentés, par précaution, de rester à la maison. Notamment les retraités. Et ce, malgré la batterie de mesures : les isoloirs retournés vers le mur, pour ne pas toucher le rideau, les masques, le gel hydro-alcoolique en libre-service. Ou la possibilité d’apporter son propre stylo. 

Dans ce contexte, le taux de participation, dimanche soir, sera un bon indicateur de la résilience du peuple français. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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