Par Nathalie Schuck, journaliste politique auParisien/Aujourd'hui en France

manuel valls, meilleur premier ministre en cas de remaniement, selon ifop
manuel valls, meilleur premier ministre en cas de remaniement, selon ifop © reuters

Il parait que les esprits s'échauffent en vue d'un possible remaniement et les ministres ne pensent plus qu'à ça ! Ca vire même à l'obsession. Savez-vous de quoi on parle le plus dans les coulisses du gouvernement ? De la courbe du chômage ? De la dégradation de la note de la France ? Raté ! Non, le sujet qui agite tous les esprits, c'est le remaniement. C'est très simple, en ce moment, tous les coups de fil des conseillers ministériels aux journalistes commencent de la même façon : « Dites-nous, on voulait juste savoir, comme ça en passant, vous entendez quoi sur notre ministre ? » Parce que tout le monde a peur de finir à Pôle emploi.

Tout ça pour vous dire que les politiques et les médias sont partis pour des semaines de folles rumeurs, de grosses intox et d'enfumage. Un vrai Santa Barbara : est-ce que Manuel va remplacer Jean-Marc à Matignon ? Et qu'en pense Martine à Lille ? Et Ségolène, est-elle revenue en grâce aux yeux de François, son ancien compagnon ?

D'ailleurs, pas une journée sans sa folle rumeur. Prenez jeudi par exemple : le matin, on apprend par des indiscrétions que c'est fait, c'est décidé : de source sûre et généralement bien informée, comme on dit, Manuel Valls va être nommé Premier ministre avant les municipales ! Le bruit fait le tour du microcosme... et finit même par atterrir en fin de journée sur le bureau du secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas ! Qui dément, évidemment. Mais le doute est là. Samedi, plus fort encore, l'idée se met à circuler que le Président va profiter du week-end prolongé du 11 novembre pour remanier par surprise. Au final, c'était un pétard mouillé. Mais ça en dit long sur la fébrilité qui règne à gauche.

Comment démêler le vrai du faux ? C'est bien le problème : car la vérité, c'est que personne ne sait ce qui se passe dans la tête du Président. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il en parle, qu'il écoute, qu'il consulte. Mais dans le doute, tout le monde se prépare. Et chacun a sa petite stratégie : les « gros » ministres par exemple, Manuel Valls ou Michel Sapin, qu'on dit « Premiers ministrables », se font un peu plus discrets dans les médias. Car ça n'est pas le moment de faire une grosse faute de quart. Les « petits » ministres, eux, sont un peu déprimés. Ils ont peur qu'on leur fasse payer l'affaire Leonarda. « Ca n'est pas le gouvernement qu'il faut remanier, lance l'un d'eux, c'est le Président ! » Enfin, il y a ceux qui font pression de l'extérieur comme la candidate à Paris Anne Hidalgo, qui réclamait hier un remaniement en pensant très fort à sa copine, Martine Aubry. Bref, on se croirait parfois dans un congrès socialiste où chacun y va de sa motion, entre les anciens Strauss-kahniens qui sont passés chez Manuel Valls, les Aubrystes, les Hollandais etc...

Le Président serait bien avisé de clarifier les choses, comme il l'avait faitle 16 mai, lors de sa dernière grande conférence de presse à l'Elysée :

Il serait peut-être temps en effet que François Hollande arrête ce tourbillon, qui nuit un peu plus à la clarté de son action et ralentit la machine de l'Etat. Parce que quand un ministre est sur un siège éjectable, il a plus de mal à diriger son administration. A moins que tout ça n'arrange le Président ? Pendant qu'on spécule sur un remaniement, sans savoir s'il aura lieu ou pas, on parle forcément moins des sujets qui fâchent.

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