L’une des leçons que l'on peut retenir de la polémique autour de Jean-Pierre Jouyet, c’est que faire de la politique avec ses amis n'a pas que des avantages.

jean-pierre jouyet, nouveau secrétaire général de l'elysée
jean-pierre jouyet, nouveau secrétaire général de l'elysée © reuters

Jean-Pierre Jouyet c'est, un peu, l'ami qui vous veut du bien. Il est sympa. Il connaît François Hollande depuis toujours. Il veut aider son meilleur ami.

Le secrétaire général de l'Elysée a même sa petite idée pour améliorer l'image du Président.

C'était sur i> télé, la semaine dernière :

C'est plein de bonnes intentions et pourtant, c'est par lui que le scandale arrive. Ses confidences à deux journalistes du Monde, ses propos sur François Fillon, ont provoqué un tollé. Il n'empêche, Hollande n'accable pas son copain de l'ENA. Autant il ne s'était pas fait prier pour virer son conseiller, Aquilino Morelle, de l'Elysée en quelques heures, après des accusations sur un possible conflit d'intérêts, autant, le chef de l'Etat se fait discret. Indulgent.

Pourtant, ce n'est pas la première fois que François Hollande a un problème avec Jean-Pierre Jouyet

Après 2007, Jouyet avait accepté d'entrer dans le gouvernement de François Fillon. Mais cette traitrise est oubliée. L'amitié, que voulez-vous, ça efface tout. On connaît la suite : en avril dernier, Hollande rappelle Jouyet et lui propose le plus beau poste de l'Elysée.

Un autre ami qui, actuellement, lui cause des soucis

C'est un autre Jean-Pierre. Je veux parler de l'avocat Jean-Pierre Mignard. C'est l'autre intime du Président. Il est le parrain de deux des enfants de Hollande.

Au PS, Mignard a été désigné pour présider la "Haute autorité du PS". C'est une commission des sages qui veille au respect de l'éthique. Et bien figurez-vous que Mignard vient de décider que le congrès du PS, dont la date n'était pas encore fixée, se tiendrait au plus tard en juin 2015. La haute autorité a rendu cet avis en s'appuyant sur les statuts du PS, qui stipulent que le congrès doit se tenir à "mi-mandat".

Cela n'a l'air de rien, mais c'est déterminant. Et c'est l'exact inverse de ce que voulait Hollande. Lui, il plaidait pour un congrès en 2016. Le plus tard possible pour éviter que l'aile gauche et les frondeurs ne fassent une percée dans le parti. Plus c'est tard, et plus on est déjà engagé dans autre chose, dans la campagne pour 2017.

Là, si les instances du Parti valident cet avis, qui est consultatif –mais qui sera difficile à enterrer -, on va se retrouver avec un congrès après les élections départementales de mars 2015. Ca veut dire au pire moment, après une lourde défaite. On image alors un congrès explosif sur fond de remise en cause de la ligne économique du gouvernement. Hollande, qui a la fâcheuse habitude de mélanger le privé et le public, n'a plus qu'à dire : merci les amis!

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