Dans cette crise sanitaire, l’opposition peine à se faire entendre. Et c’est lourd de conséquences pour 2022...

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © Getty / Antoine Gyori /Corbis

Regardez Jean-Luc Mélenchon. Ses adversaires lui sont tous tombés dessus, dès dimanche : "Comment ça ? Se déclarer candidat à la présidentielle, en pleine épidémie ? C’est scandaleux. C’est indécent". 

Lui-même, Jean-Luc Mélenchon, a dû se justifier, s’expliquer : il a voulu allumer une "lumière" au bout du "tunnel" dans une "nuit noire". Ce sont ses mots. Franchement, on a connu des candidatures plus tonitruantes ! 

Ses rivaux à gauche sont empêtrés aussi. Prenez le cas d’Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon. Ils viennent de sortir, chacun, un livre. Mais faute de librairies ouvertes, ils vont faire un four… 

Et pendant ce temps-là, l’exécutif occupe le terrain

C’est la double peine pour l’opposition. Non seulement, elle n’a pas de bande passante, mais en plus la crise donne une prime considérable à ceux qui sont aux manettes. 

La moindre intervention d’Emmanuel Macron enregistre des scores astronomiques. 32 millions de personnes, la dernière fois qu’il a parlé à la télé. Au passage, la cote de popularité du président grimpe. Pendant les tempêtes, c’est bien connu, on se range derrière son capitaine.

Cette épidémie, elle est en train de créer, parallèlement, une glaciation syndicale. Manifester, c’est risqué. Un défilé, c’est un cluster. Et puis, c’est impopulaire. Hier, la grève des enseignants a fait un flop. Les syndicats réclamaient plus de recrutements pour les protocoles sanitaires. Il y a eu moins de 10% de participation selon les chiffres officiels ! 

Qu’est-ce que cela va changer à la course à 2022 ?

Tout est chamboulé. Ceux qui espéraient se lancer après les régionales, je pense à Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, risquent de se retrouver sans tremplin. Car le scrutin devrait être reporté. Ce sera proposé dans quelques jours… 

D’une façon générale, tout le processus de décantation, de présélection des candidats, d’alliances est gelé… Qui va oser se lancer dans une primaire ? Personne. Aucun outsider n’a d’espace pour émerger. Le gel de la scène politique, c’est du pain béni pour Emmanuel Macron, dont la stratégie repose depuis toujours sur l’éclatement des oppositions. 

Si la situation s’enlise, la présidentielle va se résumer à un seul débat : le bilan sanitaire d’Emmanuel Macron. Comme on vient de le voir aux Etats-Unis, où ca été la question numéro 1. Une chose est sûre, le débat public est bien la victime collatérale de cette épidémie. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France