Par Marcelo Wesfreid.

Palais de l'Elysée
Palais de l'Elysée © Corbis / Julien Hekimian

Il s'agit d'un dîner, qui a lieu tous les mardis à l'Elysée. Les journalistes qui suivent l'Elysée savent que ça existe, mais son contenu est bien caché. D'ailleurs, les gens que j'ai appelés pour en parler, pour une enquête que je sors demain dans L'Express, ils n'avaient, c'est curieux, pas le temps de me parler. Ils avaient, soit piscine, soit dentiste... Ce dîner, il ressemble à quoi? C'est à 20h30 dans le salon des portraits, au rez-de-chaussée de l'Elysée. Ce rendez-vous n'est jamais inscrit à l'agenda officiel. Il n'y a pas de compte rendus et il y a toujours les mêmes six invités. Si l'un d'entre eux est absent, il ne peut pas se faire remplacer. Aucun conseiller n'a le droit de venir.

Autour de Hollande on retrouve les six piliers de la majorité : Manuel Valls, normal, c'est le premier ministre, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, Stéphane Le Foll, le porte parole du gouvernement et deux présidents de groupes parlementaires, à savoir le député Bruno le Roux et le sénateur Didier Guillaume. Dernier invité : Claude Bartolone, qui est là comme président de l'Assemblée Nationale. A l'origine, cette réunion, elle avait un but : que tout le monde rame dans le même sens, pour éviter les couacs. Maintenant, c'est plus de la stratégie. On s'interroge par exemple pour savoir comment Hollande doit se positionner face à la droite.

Comme rien ne sort, les gens se disent tout, et vident un peu leur sac. Le 30 août, quand Macron a démissionné, ils ont secoué Hollande. Ils lui ont dit : « T'as été trop gentil avec lui, t'aurais dû taper plus fort ». Mais on parle aussi de choses très terre à terre, comme la liste des gens qui vont s'exprimer dans un rassemblement du PS.

On y prépare aussi la campagne. Et ça s'accélère, d'ailleurs. La semaine dernière, les invités ont passé quelques minutes à regarder le meeting de Macron, en direct de Strasbourg, pour voir ce qu'il allait dire....

Ce dîner commence de plus en plus tard actuellement. A cause de réunions de pré-campagne qui se montent au dernier moment. En fait, l'emploi du temps du président est en train d'exploser, avec une multiplication de brainstorming.

Alors, réfléchir, c'est bien. Mais agir, c'est mieux. Hollande va devoir maintenant sortir de table et passer des belles stratégies aux actions.

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