Demain, au Sénat, reprennent les auditions dans l’affaire Benalla. Et dans l’exécutif, on espère que l’opinion publique ne va se passionner à nouveau pour ces histoires de commission d’enquête…

On vit quand même une drôle d’époque. Voilà que Philippe Bas, le sénateur de la Manche Philippe Bas, avec sa raie sur le côté, ses petites lunettes et ses phrases de vieux professeur est devenue la star de la droite et du Sénat, parce qu’il a mené d’une main de maître la commission d’enquête.  On va donc réentendre sa voix si particulière demain. 

Philippe Bas a été en son temps, sous Chirac, secrétaire général de l’Elysée. Et il a une façon un peu surannée de s’exprimer, de poser des questions polies mais implacables.  Demain, il y a trois auditions au programme. Dont celle du chef de cabinet du président. Et déjà la chaîne Public Sénat se frotte les mains car les retransmissions avaient fait un carton d’audience. Est-ce que ça va être encore le cas ?  Le pouvoir est persuadé que non, que la vague est passée. Que les gens ont eu droit matin midi et soir à ce feuilleton et qu’ils sont lassés. 

Hier, un conseiller gouvernemental m’a dit, « c’était un scandale d’été, ça a pris à un moment où il y avait peu d’actualité, mais là, il y a maintenant le budget, le prélèvement à la source, le plan pauvreté. Les Français auront la tête aux vrais sujets. »   C’est possible, mais ça dépendra aussi du ton utilisé par les représentants de l’exécutif, devant les parlementaires. S’ils choisissent le ton un peu hautain de juillet, le procès en arrogance va repartir. Si au contraire, ils font le choix du profil bas, qui est un peu la tonalité du pouvoir en cette rentrée, cela peut s’éteindre tranquillement.  

Sauf qu’on a appris hier qu’Alexandre Benalla lui même est convoqué. Ce sera le 19 septembre.  Là, l’exécutif n’y coupera pas. Ce sera le clou du spectacle. Et les questions ne manqueront pas. D’autant que l’Elysée se refuse toujours à transmettre la fiche de paie et la fiche de poste de Benalla, en se réfugiant derrière la séparation des pouvoirs. Un principe par moments bien commode.

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