Manuel Valls dans son bureau
Manuel Valls dans son bureau © ERIC DESSONS/JDD/SIPA

Les histoires politiques avec Jonathan Bouchet-Petersen, de Libération… Ce matin vous nous parlez de Manuel Valls, un Premier ministre qui politiquement ne vit pas une période facile...

Ah c'est sûr, il est loin le temps de la splendeur sondagière du ministre de l'Intérieur, lorsque celui-ci, fringant, arrivait à Matignon... L'exercice du pouvoir, ça plombe, d’autant plus quand on est à la tête d'un gouvernement de gauche menant en période de crise une politique social libérale...

Il serait sévère et surtout aventureux d'affirmer que Manuel Valls est passé de mode, mais qui l'imagine encore sérieusement candidater à la place de François Hollande en 2017 ? Les temps changent…

Et Emmanuel Macron occupe, lui, de plus en plus le créneau du réformateur décomplexé...

Macron est décomplexé, c'est un fait, mais il est surtout «bienveillant» , il l’a affirmé dimanche dernier au 20h de France 2... Ca fait déjà une sacrée différence, au moins de tempérament, avec Manuel Valls... Selon un élu socialiste, les deux ont en tout cas «le même melon».. .

En tout cas, alors que Macron, avec son mouvement « En marche !», peut jouer à fond la carte de l'électron libre sans passer par la case PS (dont il n'est pas membre), Manuel Valls apparaît, lui, comme une figure certes turbulente mais qui appartient à la génération du dessus... Pas vieille, mais déjà vue… En terme de modernité, ou au moins de nouveauté, Valls se retrouve supplanté par Macron.

Dans l'hypothèse d'une défaite de François Hollande en 2017, des quinquas comme Manuel Valls ou Arnaud Montebourg seront-ils les leaders naturels de la recomposition ?

Ce sera l'un ou l'autre, pas les deux : on imagine mal Valls et Montebourg retravailler un jour ensemble. Mais il est surtout possible que ni l'un ni l'autre n'apparaisse comme une évidence...

D'autant que parmi la jeune garde du gouvernement, avec lesquels il faudra d’autant plus compter demain, l'initiative de Macron, qu'ils la soutiennent ou pas, en a décomplexé certains… Elle a démontré qu'en cas de défaite de François Hollande, la suite ne passait pas forcément par Manuel Valls... Une réflexion qui ouvre des perspectives pour ces ministres pas encore quadra, qu'ils s'appellent par exemple Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri ou Axelle Lemaire...

Au sein de cette «génération Hollande», un nom revient quasiment aussi souvent que celui de Macron, c'est celui de Mathias Fekl, le plus discret mais tout aussi brillant secrétaire d'Etat au Commerce extérieur... «Un Macron, mais de gauche» disent de lui les socialistes qui lui veulent du bien mais aussi ceux qui veulent du mal au ministre de l'Economie...

Le ministre «transpartisan» comme l’élu PS attaché au clivage droite-gauche ont au moins un point commun : ils n'imaginent pas leur avenir ou celui de la gauche passer par Manuel Valls.

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Merci Jonathan Bouchet-Petersen …

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