Sur la forme comme sur le fond, certaines positions à gauche semblent bel et bien « irréconciliables », comme l’avait théorisé Manuel Valls en son temps. Les divergences portent à peu près sur tous les sujets, qu’il s’agisse du rapport à l’Europe, de l’approche de l’économie, ou des questions liées à la République.

Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Eric Piolle, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg
Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Eric Piolle, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg © AFP

Il y a autant de stratégies qu’il y a de prétendants, et croyez-moi, ça fait du monde !

Des écologistes Yannick Jadot et Éric Piolle aux socialistes Olivier Faure et Anne Hidalgo, en passant par l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon ou le communiste Fabien Roussel - qui vient d’ailleurs d’être investi candidat pour 2022 - le ton risque de monter, samedi prochain, à la réunion qu’ils ont prévu d’organiser pour tenter de s’entendre. Rendez-vous qui s’annonce comme une montagne insurmontable, et qui promet déjà d’accoucher d’une souris.

Rien ne va ressortir de leurs discussions, ou en tout cas, pas grand-chose. 

Parce que, pour ne rien arranger, un sondage paru ce dimanche dans Le JDD a révélé que l’alliance rose-verte, si elle voyait le jour, ne dépasserait pas les 10% au premier tour de la présidentielle, quel qu’en soit le candidat. Et que chez les rouges, Jean-Luc Mélenchon obtiendrait à peine 13,5% dans le meilleur des cas. Loin du billet qualificatif pour le second tour, donc. Et d’une certaine manière, certains jugeront que c’est tant mieux... Puisque si tant est qu’un candidat de gauche parvienne à se hisser en finale, et bien il ou elle ne réussirait tout simplement pas à battre Marine Le Pen ! La faute à de trop faibles reports de voix venus de la droite et des électeurs macronistes.

Dans un monde logique, cela devrait plutôt les encourager à faire cause commune, mais malheureusement pas en politique. 

Puisque l’enseignement qu’ils en tirent, eux, il est exactement inverse. C’est-à-dire qu’ils considèrent que personne n’a encore tué le match, et qu’il est donc toujours temps d’essayer d’agréger les autres à soi, plutôt que de se rallier à quelqu’un. 

Le problème, c’est qu’une élection en général - et une présidentielle en particulier - c’est une question de dynamique plus que d’arithmétique. Or pour l’instant, la dynamique elle est en train de se jouer sans la gauche, qui reste muette et impuissante, comme on regarderait des trains passer. Avec le risque de rester à quai…

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