Nicolas Sarkozy est la vedette de trois hebdomadaires cette semaine. Comment expliquer ce nouvel engouement de la presse pour l’ancien président

les sympathisants ump plébiscitent nicolas sarkozy pour 2017
les sympathisants ump plébiscitent nicolas sarkozy pour 2017 © reuters

D’abord parce que mettre Nicolas Sarkozy en Une c’est la certitude de réaliser une bonne vente. Ce qui veut dire aussi que les lecteurs s’intéressent toujours à l’ancien président. La Une de Valeurs Actuelles aujourd’hui, celle du Figaro Magazine demain et un long article dans Le Point cette semaine, après Le Nouvel Observateur et Marianne la semaine dernière, c’en est même à se demander si Nicolas Sarkozy n’est pas encore le président puisque la presse s’intéresse autant à lui que lorsqu’il était à l’Elysée !

Et pourtant vous vous souvenez de François Hollande au salon de l’Agriculture en début d’année ? Il répond à un enfant qui lui fait remarquer qu’il n’a pas vu Nicolas Sarkozy : « eh bien tu ne le verras plus ! »

C’est raté, on le voit tout le temps désormais. Brice Hortefeux a théorisé les conditions d’un possible retour en février 2013 et c’est toujours d’actualité:

L’envie est là c’est aujourd’hui une certitude. Nicolas Sarkozy ne le montre pas officiellement, il se garde bien de le dire publiquement, mais il trépigne intérieurement.

A un élu qui s’interrogeait il y a plusieurs mois sur la possibilité de son retour en politique, un des conseillers de Sarkozy a répondu : « on n’a jamais vu un tigre devenir végétarien. » Le devoir quant à lui n’est qu’une excuse pour justifier le retour : c’est l’habillage de l’envie. Restent les circonstances . Mais elles arrivent plus tôt que prévu.

Nicolas Sarkozy n’imaginait pas que la chute de François Hollande dans les sondages se produirait si vite. Tout comme l’incapacité des dirigeants de l’UMP à s’imposer en leaders de la droite. En vieux renard de la politique, il sait bien que les sondages sont le reflet de la situation politique. Or aujourd’hui, celui de l’Ifop pour le Figaro Magazine le montre, il est irrésistible : Nicolas Sarkozy écrase ses concurrents : 71% des sympathisants de l’UMP le préfèrent comme candidat en 2017 loin devant Alain Juppé (15%) et François Fillon (10%). Avant de battre François Hollande : 46% des Français le préféreraient comme président de la République contre 27% pour l’actuel locataire de l’Elysée.

Sa date de retour c’est LA question qui reste à trancher. Qui dépend des circonstances. En l’occurrence, de la séquence électorale qui s’ouvre avec les municipales en mars 2014, les européennes en mai 2014 et les régionales en 2015. Quel sera le paysage politique après ces scrutins ? Difficile à dire et pourtant c’est la clef de son retour et de la façon dont il pourra revenir. C’est pour cette raison que les images de Hollande et Sarkozy à Soweto avaient un sens particulier. Obama peut bien emmener dans son avion Georges Bush ou Bill Clinton, il sait que les deux hommes ne seront plus candidat. Et lui-même ne se représente pas. Hollande sait qu’il va retrouver sur sa route Sarkozy en 2017…

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