Après l'élection de Laurent Wauquiez à la présidence de LR, Xavier Bertrand a annoncé hier soir sa démission du parti. Mais, il y a plus grave. Des départs moins spectaculaires mais tout aussi voire plus inquiétants pour Wauquiez. Les explications de Jannick Alimi.

Un proche du nouveau président des LR me disait : « Il y a le grand fleuve qui a porté Wauquiez à la tête du parti mais il dissimule les multiples ruisseaux qui fissurent et fragilisent le socle sur lequel il a été élu. » Ces multiples ruisseaux n’ont pas la même surface médiatique que ceux qui ont porté Laurent Wauquiez au pouvoir, comme le député et ancien ministre Eric Woerth ou des personnalités comme Eric Ciotti, Brice Hortefeux ou Guillaume Larrivé. Mais ces petits ruisseaux ont un poids politique et électoral essentiel. Ce sont les élus locaux, qui l’un après l’autre quittent le navire ou s’éloigne peu à peu du coeur nucléaire du parti. 

Mais ils sont si nombreux ?

Il y a Christophe Béchu, le maire d’Angers, une des figures LR de l’Ouest du pays. Il y a   Grégoire de Lasteyrie, le maire de Palaiseau, qui, sans quitter le parti, vient de démissionner de son poste de secrétaire départemental. Avant, il y avait eu François Commeinhes, le maire de Sète, Olivier Carré, le maire d’Orléans ou David Robo, le maire de Vannes. « Il ne s’agit plus de départs isolés, reconnaît dans la coulisse un cadre de LR. Le parti est en train de se replier sur sa base la plus dure. » .

Et pourquoi ces démissions ou ces départs sont-ils problématiques pour Laurent Wauquiez ?

Ces maires, ces conseillers départementaux, c’est tout le tissu local qui fait la force d’un parti. C’est ce que tentent de bâtir des nouveaux mouvements comme LREM ou France Insoumise. C’est grâce à ces réseaux qu’un parti s’implante durablement, pour préparer l’avant et l’après de toutes les élections. C’est pourquoi, le refus de Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI, annoncé, la semaine dernière dans Le Parisien, refus de signer des alliances locales avec les LR, prend une résonance tellement inquiétante pour Wauquiez. Alors que va faire ce dernier ? Infléchir sa ligne vers le centre, au risque de se « macroniser » ? Continuer à braconner sur les terres FN et devoir alors rebâtir tout le parti ? Un vrai dilemme.

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Laurent Wauquiez, élu président du parti Les Républicains dès le premier tour © AFP / Lionel Bonaventure
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