Alors qu’il tente de gérer une sortie de crise des Gilets jaunes, Emmanuel Macron est confronté à l’attaque terroriste de Strasbourg qui a fait, à l’heure qu’il est, 3 morts et 12 blessés.

Emmanuel Macron en cellule de crise après l'attaque de Strasbourg
Emmanuel Macron en cellule de crise après l'attaque de Strasbourg © AFP / ETIENNE LAURENT / POOL / POOL

Le président aborde la situation à front renversé par rapport à la crise des Gilets jaunes. Le président a qui l’on reprochait, il y a quelques heures encore, son manque d’horizontalité et d’empathie, se doit depuis hier soir de recomposer sa posture, de changer d’attitude. C’est bien sûr de la verticalité que la nation lui demande aujourd’hui, de l’autorité que les Français attendent. Sur ce registre, le chef de l’Etat a déjà fait ses preuves. C’est par un tweet sobre qu’il a immédiatement réagi : 

Solidarité de la nation tout entière pour Strasbourg, nos victimes et leurs familles.  

C’est aussi par quelques images diffusées en fin de soirée. Celles de la cellule de crise interministérielle activée par Edouard Philippe au ministère de l’Intérieur et qui montre une grande partie du gouvernement réuni autour du président mais aussi de son Premier ministre. L’occasion -tragique- de couper court aux rumeurs de tensions entre Macron et Philippe voire à celles d’un remaniement.  

Et l’opposition ?  

L’opposition, c’est en rangs dispersés qu’elle réagit. Elle s’était sinon unie en tout cas musclée pendant la crise des Gilets jaunes. Tous à droite comme à gauche critiquant vertement l’exécutif. La France insoumise, le parti communiste et les socialistes s’apprêtent même à déposer une motion de censure commune contre le gouvernement. Mais l’attentat de Strasbourg fait ressortir les divergences de fond des uns et des autres. A droite, Marine Le Pen, Laurent Wauquiez et Nicolas Dupont-Aignan n’ont pas attendu pour fourbir leurs armes contre le gouvernement. Pour la patronne du Rassemblement national, «la politique contre le terrorisme est manifestement défaillante. » Le leader des Républicains, lui, s’offusque: « Combien d’attentats commis par des fichés S avant d’adapter notre droit à la lutte contre le terrorisme ? tweete le président de la région Auvergne Rhône Alpes. Qu’attendons-nous pour livrer bataille contre l’intégrisme qui nous a déclaré la guerre ? » 

A gauche, en revanche, c’est l’armistice.  « Dans ces moments- là tout s’arrête, clame Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS.  Nous sommes un peuple une nation. » Jean-Luc Mélenchon, lui,  garde pour le moment le silence. Tandis qu’Alexis Corbière, un de ses proches, déclare sa « confiance dans la Police pour neutraliser au plus vite le coupable.»  

L’agenda gouvernemental va-t-il changer ?  

Il ne fait aucun doute que les questions de sécurité, celles aussi de l’islam radical voire de l’islam tout court au sein de la République vont s’inviter dans le débat. Toutes ces questions, sauf lors de la loi sur la sécurité intérieure, n’avait pas encore été abordées franchement jusqu’à présent. On connaît mal d’ailleurs les convictions du  chef de l’Etat sur la laïcité, sur la place ou le rôle des religions dans les sociétés, sur le communautarisme. Des dossiers très sensibles sur lesquels la majorité elle-même n’est pas unanime. Ce qui explique probablement pourquoi le président n’était pas pressé de les ouvrir.

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