Les municipales approchent à grands pas, mais les élections européennes auront lieu en mai et elles méritent aussi qu'on s'y intéresse.

le prg demande au ps de lancer la campagne des européennes
le prg demande au ps de lancer la campagne des européennes © reuters

Car ce sont des élections à plus fort potentiel d’abstention que les municipales. En 2009, 59,5 % des électeurs se sont déplacés. Le vote aux européennes est par ailleurs un vote de contestation du pouvoir en place, un vote déconnecté des vrais enjeux. Parce que l’Europe n’est pas un thème central du débat, jamais prioritaire dans les programmes ni dans les discours de nos dirigeants.

Bien sûr, certains parlent de l’Europe. Celui dont la voix porte le plus sur le sujet est le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. Il a un discours audible… mais extrêmement négatif .

C’était le 24 juin 2013 sur France Inter :

Pour lui l’UE, est responsable de tout, à commencer par l’austérité budgétaire qui mène à la montée des extrêmes. À gauche il n’est pas le seul à partager cet avis. Mais ce qu’ils proposent comme alternative n’est pas clair. À droite, ce n’est pas plus reluisant. Loin de là. Le slogan de l’UMP pour les européennes c’est : « J'aime tellement l'Europe que j'en veux une autre ». Une tentative pas très subtile de concilier partisans et opposants de l’Europe telle qu’elle est. **Il faut faire de la pédagogie, parce que l’Europe a beaucoup d’influence.** Pas seulement parce qu’elle impose de tenir des budgets. Les directives européennes qui doivent être transposées en loi nationale portent sur des sujets variés et concrets comme le droit d’asile, les marchés publics, le respect des normes pour la qualité de l’eau ou pour l’installation d’équipements dans l’agriculture et j’en passe. Ça vaut le coup que l’on s’y intéresse. **Les Français ont-ils envie d’Europe ?** La crise économique qui a touché bien plus que la Grèce a marqué les esprits. **Ce qui ressort des enquêtes, c’est que les Français se méfient de l’Europe, et de sa monnaie** . Ils veulent un renforcement des pouvoirs nationaux. Le fait que l’Europe manque de dirigeants avec un discours qui insuffle une dynamique n’aide pas. Mais ce qui est paradoxale, c’est que si l’on se fie à une étude de l’Ifop en novembre 2013 les Français sont majoritairement favorables à un président de l’Europe élu au suffrage universel, à un ministre de l’Economie commun, même une armée commune. Le ministre de l’Education Vincent Peillon, qui est candidat du PS aux européennes dans le grand est, a conscience que le gouvernement ne doit « plus se cacher derrière son petit doigt », sur la question européenne. Lui veut parler salaire minimum européen ou lutte contre l’évasion fiscale. Les thèmes de campagne devront être précis, comme par exemple l’harmonisation fiscale. François Hollande en parle, mais cela reste flou. Bref, tout cela mérite bien plus qu’une campagne éclair d’un mois, comme s’y prépare les partis.
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