Ce soir c’est le premier débat télévisé de la primaire de la Belle Alliance populaire, et il y en a un qui est plutôt sur les nerfs.

Par Renaud Dély

Comme souvent, hein, il faut reconnaître que Manuel Valls n’est pas le gars le plus détendu de la Terre. Surtout que par les temps qui courent, ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle que d’être considéré comme le favori d’une l’élection. D’ailleurs, Valls refuse clairement ce statut. Mais il est vrai donc que depuis le début de cette campagne des primaires, il n’est pas à l’aise. On l’a tous vu, c’était encore le cas la semaine dernière lors de « l’Emission Politique » sur France 2. Lui-même n’était d’ailleurs pas content du tout de sa prestation. Alors, on a tous beaucoup glosé sur ses changements de pied : hier favorable au 49-3, aujourd’hui décidé à la supprimer, hier clivant et désormais rassembleur, mais le vrai problème, la vraie torture que subit Manuel Valls, est ailleurs...

Hé oui, enterrer le mot « socialiste » pour rassembler les progressistes de tous bords, tourner la page de ce qu’il appelle « la gauche passéiste et archaïque » pour construire un « réformisme moderne », c’est précisément le grand dessein de Manuel Valls, et c’est Emmanuel Macron, son pire ennemi, qui est en train de l’accomplir…

Manuel Valls s’est donc fait piquer son job, et en plus, il se retrouve affecté à la pire des tâches, pire que la corvée de chiottes à l’armée, le job qui qui consiste à essayer de maintenir sous perfusion un vieux parti décrépi qui sonne creux. Un des vallsistes du premier cercle se désespérait cette semaine : « Manuel n’a quand même pas fait tout ça pour finir dans la peau de Guy Mollet ou de Gaston Defferre. »

Elle est dans son miroir. Quand on se regarde dans une glace, on peut s’inquiéter, se plaindre, se dire qu’on a mauvaise mine... Ou, au contraire, on peut se trouver beau, étincelant, lumineux. Le problème de Valls, c’est qu’en ce moment, quand il se regarde dans un miroir, il voit… Emmanuel Macron ! Macron, c’est son double, sa mauvaise conscience, son Jiminy Cricket. Hé oui ! « Le pire pour Manuel, me confiait un de ses amis il y a peu, c’est que Macron mène la campagne qu’il aimerait conduire s’il était débarrassé de cette fichue primaire… »

Rappelons qu’en 1969, candidat de la SFIO à la présidentielle, Gaston Defferre avait obtenu 5% des voix.

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