Si l'on tire les leçons du bureau politique de l’UMP mardi soir, on constate que Nicolas Sarkozy a perdu la main sur l’appareil politique et cela risque même de compliquer son retour.

Pour ou contre le retour de Nicolas Sarkozy
Pour ou contre le retour de Nicolas Sarkozy © Idé

C’est étonnant, mais c’est la conclusion qui s’impose quand on regarde les résultats du bureau politique de l’UMP : Nicolas Sarkozy a perdu la main sur cette instance dirigeante. Ce n’est pas tellement la décision de confier la direction provisoire de l’UMP à un triumvirat composé de Raffarin, Fillon et Juppé, qui pose problème à l’ancien Président de la République. Le plus embêtant, c’est que la nouvelle direction ne va pas seulement s’occuper de gérer les affaires courantes en attendant le congrès de l’automne prochain.

Elle a obtenu un mandat bien plus large du bureau politique, qui lui permet de prendre des décisions politiques et administratives qui peuvent avoir de lourdes conséquences. Et comme Alain Juppé et François Fillon n’ont aucun intérêt à voir revenir Nicolas Sarkozy, tout le monde a compris que ces décisions n’iraient pas dans un sens favorable à l’ancien Président.

A force de penser que la seule stratégie viable était celle du recours, Nicolas Sarkozy a négligé le plan B, celui du retour. Du coup, il ne s’est pas occupé de ce qui pouvait se passer à l’UMP. Même s’il recevait régulièrement - et continue de le faire- des élus dans ses bureaux de la rue de Miromesnil, il considérait jusqu’à une époque récente qu’il devait, s’il décidait de revenir, passer au-dessus de l’UMP pour incarner une relation directe avec l’ensemble des Français.

C’est la raison pour laquelle il ne s’est pas occupé de la composition du bureau politique. Résultat, mardi, quand ses amis ont voulu compter ses partisans, ils se sont rendu compte qu’ils étaient minoritaires ! Comme Nicolas Sarkozy voulait apaiser les choses, ils n’ont eu aucune consigne pour s’organiser et tenter de trouver des alliés pour contrecarrer le plan des opposants à son retour. Résultat, ceux-ci ont gagné et peuvent dire qu’ils n’ont plus besoin de lui, comme l’a sous-entendu Xavier Bertrand mercredi matin sur RTL. Ecoutez-le :

Bien sûr, cela ne veut pas direque le retour est impossible pour Nicolas Sarkozy ! Il garde des atouts dans sa manche et principalement l’attachement des militants de l’UMP et de ses sympathisants. Tout le monde est conscient que s’il décide de se présenter à l’élection à la présidence de l’UMP cet automne, il sera largement réélu. La question, pour lui, est de savoir si c’est la bonne stratégie pour 2017.

Car finalement, sous la Vème République, la stratégie du retour n’a jamais fonctionné . Valéry Giscard d’Estaing a tenté après sa défaite en 1981 de repasser par la case élection locale. Cantonales, régionales, législatives, puis il passe par la case direction de l’UDF après 1988. Ça n’a pas marché.

Lionel Jospin après sa défaite de 2002 a lui aussi tenté de revenir, en 2006, par la case primaire du PS. Il a dû renoncer à se présenter.

Dans les deux cas, ce sont leurs propres amis politiques qui ont tout fait pour leur barrer la route. Surtout ceux de la nouvelle génération qui ne voulaient à aucun prix de leur retour. Nicolas Sarkozy n’a plus que trois ans pour réussir le sien.

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