Le premier tour des législatives laisse espérer pour La République En Marche une majorité large voire absolue, lundi prochain.

"La République en marche !" arrive en tête des résultats du premier tour des élections législatives françaises
"La République en marche !" arrive en tête des résultats du premier tour des élections législatives françaises © AFP / Artur Widak / NurPhoto

Par Jannick Alimi

Et pourtant, les affaires se sont multipliées et le gouvernement a fait pas mal de faux pas ces derniers jours. Macron aurai-t-il de la chance ?

Il a surtout une stratégie et un agenda implacables. Pour le moment en tout cas. Combien de critiques n’avons-nous pas lues ou entendues, la semaine dernière, lorsqu’un document confidentiel publié par Le Parisien a dévoilé un « plan caché » du gouvernement en matière de libéralisation du droit du travail. Selon cette note, les hommes du Président avaient l’intention d’aller plus loin que ce qui avait été évoqué dans le programme du candidat Macron. Deux jours plus tard, c’était au tour du quotidien Libération de publier un texte dont le contenu était là encore susceptible de mettre le feu au poudre puisqu’il donnait une liberté accrue aux chefs d’entreprise au niveau du contrat de travail. Des fuites et des couacs produits à « l’insu du plein gré » de l’Elysée et de Matignon ? Pas si sûr ! Un membre d’En Marche me décryptait: « Après avoir laminé le PS lors de la présidentielle, Macron avait besoin de siphonner une partie des Républicains pour gagner les législatives. C’est pourquoi toutes ces soi-disant fuites de nature à séduire la droite devaient avoir lieu à tout prix avant ce premier tour. Et le pari semble tenu. »

Il y a d’autres exemples de cette pêche aux voix de droite ?

Bien sûr. Prenez la retenue à la source. Cette réforme phare du quinquennat Hollande aurait dû s’appliquer dès janvier prochain. Or, après avoir entretenu un certain flou, Edouard Philippe, le Premier ministre, annonce, la semaine dernière, à quelques jours des législatives donc, qu’il la reportait. Compliquée, coûteuse, risquant d’occulter la baisse des charges payées par les salariés… Mais aussi et surtout la bête noire des chefs d’entreprise. Et puis, encore la généralisation du tiers payant. Vous savez, c’est ce qui permet aux patients de ne pas faire l’avance des frais médicaux. Reportée elle-aussi. « Il ne fallait surtout pas braquer les médecins libéraux qui ont toujours été contre cette réforme, m’explique un marcheur. Le corps médical est un fort prescripteur de votes. Ils ont la confiance de leurs patients. Il fallait les avoir avec nous. »

Mais après les législatives, Macron ne court pas le risque de braquer la gauche et les syndicats ?

C’est un risque, c’est vrai. Mais référons-nous au calendrier des réformes. Celle du droit du travail, encore. Du 26 juin au 7 juillet, le Medef et les syndicats vont discuter du « renforcement du dialogue social » ; du 10 au 21 juillet, de la « sécurisation des relations de travail. » Des thèmes qui appuient plus sur l’aspect « sécurité » que « flexibilité » de la fameuse « flex-sécurité » à la scandinave que le chef de l’Etat veut instaurer en France. Une tonalité cette fois-ci plus sociale que libérale. Après avoir remporté la présidentielle et probablement les législatives, le président et le gouvernement espèrent désormais éviter par la négociation, un «troisième tour social. » Un nouveau test -nature de la « méthode Macron. »

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