C’est un paradoxe pour un élu venu de la droite : c'est Gérald Darmanin qui endosse les habits du ministre « social » à l’heure où Emmanuel Macron est de plus en plus marqué à droite.

Gérald Darmanin
Gérald Darmanin © Getty / Aurelien Meunier

C’est sûr qu’incarner la sociale-macronie alors qu’on a été maire Les Républicains de Tourcoing, ça peut paraître saugrenu. Surtout quand on est ministre des Comptes publics, payé pour réduire les déficits et non pour redistribuer l’argent public. 

Et pourtant, Gérald Darmanin ne cesse ces derniers jours de « tirer le signal d’alarme. » « La majorité présidentielle doit davantage parler des travailleurs, des classes laborieuses, des ouvriers, des employés », a lancé l’ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy dans une récente interview au Point. 

La baisse d’impôt sur le revenu des classes modestes décidée en pleine crise des Gilets jaunes… non seulement Darmanin ne s’y est pas opposé mais il l’a encouragée.

« Un ministre comme moi, qui gagne 8000 euros par mois, n’a pas vocation à bénéficier de cette baisse ! » a même précisé Darmanin qui, il faut le rappeler, avait fait la bourde de sa carrière en s’exclamant qu’à moins de 100 euros, on ne pouvait pas dîner à Paris. 

Darmanin a aussi appelé l’exécutif à accentuer le soutien au pouvoir d’achat des plus modestes, à rendre le travail plus rémunérateur et encore à faire de « la sécurité (…) une grande politique sociale ». 
 

Gérald Darmanin va-t-il être le poisson pilote de la macronie en terre de gauche ?

Il n'est pas question de gauche.  Le vote populaire, ce ne sont ni les Insoumis ni le PS qui le portent. Mais le Rassemblement national, avec 40% des ouvriers et 27% des employés. Le social pour la majorité se gagne donc par la droite. Et notamment dans ces terres minières et sidérurgiques des Hauts-de-France – et aussi de l’Est – que connaît bien l’ancien maire de Tourcoing. L’adversaire de Macron dans la conquête du vote populaire c’est bien Marine Le Pen et pas Mélenchon et encore moins Olivier Faure.

Voilà pourquoi Darmanin, qui pour rester ministre ne se sollicitera pas le poste de maire de sa bonne ville de Tourcoing, mais pourrait bien en 2021 être le cheval de Troie d’Emmanuel Macron aux régionales dans les Hauts de France. Il lui faudra alors bouter Xavier Bertrand qui, lui, préférera se préparer pour la présidentielle. Mais dans ce cas, le chef de l’Etat prend un risque : voir Darmanin prendre les couleurs de Bertrand, ex-LR comme lui, et son mentor de toujours…

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