Par Renaud Dély

J'ai déjeuné cette semaine avec un socialiste fan de François Hollande - il n’en reste pas beaucoup - et un socialiste optimiste qui a hâte d’en découdre avec la droite lors de la bataille présidentielle…

Par les temps qui courent, ça fait bizarre, croyez-moi, de rencontrer un tel spécimen. Surtout quand ledit socialiste reste convaincu que son champion peut décrocher un second mandat. Il faut dire que ce cas rarissime est un proche du Président, un ami, un vrai, c’est… Julien Dray !L’infatigable « Juju » ! Le lancement de S.O.S Racisme à l’Elysée dans les années 80, les barbecues l’été dans la maison de Mougins avec Ségolène et François, trente ans que Dray et Hollande sont inséparables ! Alors l’incontournable « Baron noir » est pressé de remonter à l’assaut. Julien Dray fréquente assidûment l’Elysée ces dernières semaines. C’est ce qu’on appelle un « visiteur du soir », un conseiller d’autant plus précieux et écouté qu’il est informel.

C’est Julien Dray, par exemple, qui lui a soufflé la fameuse formule « ça va mieux » glissée par le Président lors de son émission de télévision mi-avril. Evidemment, l’expression a fait polémique. Elle a été vécue par certains comme une provocation à l’endroit des Français qui ne se rendent pas compte, eux, d’une quelconque amélioration de leur situation. Il n’empêche que l’expression a changé le climat du débat. Depuis, politiques et commentateurs passent leur temps à se demander si elle est justifiée ou pas ? Et quelques indicateurs, comme la baisse du chômage en mars, sont venus conforter, un peu, le chef de l’Etat. De même, Dray est l’un des initiateurs de l’opération de défense du bilan du quinquennat. En avril, « Juju » a lancé à Hollande : « François, si nous ne défendons pas que ce nous avons fait est bien, qui le fera ? » Ben oui, Bonne question. Personne. Alors depuis dix jours, Hollande lui-même et son carré de fidèles s’exécutent.

L’une des missions de Julien Dray, c’est de remotiver les troupes. Ce n’est pas un ambianceur. Plutôt un chef de commando. D’ailleurs, il se rêve en directeur de la future campagne présidentielle. « Ca va être musclé, violent, mais c’est jouable » répète Dray. Il s’applique déjà à resserrer les rangs de la majorité derrière son ami. Par exemple, comme il s’entend à merveille avec Emmanuel Macron, il est l’un de ceux qui s’appliquent à maintenir le lien entre le Président et son turbulent ministre de l’Economie. Et quand on lui demande pourquoi au fond François Hollande est selon lui le meilleur candidat, vous savez que ce que répond « Juju » ? « Parce que c’est mon pote… »

« Touche pas à mon pote ! », ça ferait pas un beau slogan pour l’année prochaine ?

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