François Hollande est-il réellement en difficulté dans l’affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy ?

la tension entre majorité et opposition monte d’un cran au sujet des écoutes de nicolas sarkozy
la tension entre majorité et opposition monte d’un cran au sujet des écoutes de nicolas sarkozy © reuters

D’abord, il est dans une situation qu’il déteste. Lorsqu’il est confronté à la colère d’un groupe soudé, François Hollande ne sait pas comment s’y prendre. On en a eu la preuve avec l’affaire Léonarda et sa réaction improbable face à la fronde des lycéens. Souvenez-vous : « elle peut rentrer mais seule ».

Pareil avec les bonnets rouges, qui l’ont fait reculer sur l’écotaxe. Cette fois donc, ce sont les avocats qui ont mis le feu aux poudres.

Mais là où l’affaire s’emballe, c’est qu’elle devient politique puisque l’UMP parle « d’espionnage politique » , ce sont les mots det Copé. Ce que la droite dit, c’est que le Président savait, mais surtout qu’il était à la manœuvre. Hier, Jean-Marc Ayrault a admis que le pouvoir était au courant mais ne connaissait pas le contenu des écoutes de Nicolas Sarkozy. Vous allez voir évidemment que les tenants de la théorie du complot vont s’empresser d’alimenter leur moulin avec ses propos du Premier ministre.

François Hollande doit-il s’exprimer publiquement au sujet de ces écoutes ?

Pas sur le fond de l’affaire. Je vous cite un député socialiste, avocat pénaliste de formation, Dominique Raimbourg, à qui j’ai posé la question : « Ce serait la négation de la séparation des pouvoirs ». Et justement, François Hollande a promis d’en assurer le respect absolu. « Moi, Président de la République je ferais fonctionner la justice de manière indépendante », disait-il pendant sa campagne.

S’il lâche un mot sur l’enquête en cours, on peut tirer un trait sur cet engagement… Qui avait en plus déjà été mis à mal pendant l’affaire Cahuzac, puisqu’il avait été reproché au gouvernement d’avoir lancé une enquête administrative pour savoir si le compte suisse existait.

François Hollande est certes prêt à recevoir le président de l’Union Syndicale de la Magistrature et le bâtonnier de Paris. Mais ce n'est pas une manière de se mêler de l’affaire, c’est une politesse. Il devrait se contenter de répéter qu’il n’y a pas eu d’immixtion du pouvoir. Ce que la gauche cherche à prouver encore et toujours, c’est qu’elle n’a rien à voir avec Nicolas Sarkozy. Les socialistes nous disent qu’avec eux, c’est terminé de se mêler des procédures en cours, de se mêler du travail des magistrats… Que Sarkozy avait qualifiés en 2007 de « petits pois » ! On nous rappelle au passage que François Hollande a plutôt tenté de renforcer l’indépendance des magistrats via une réforme du Conseil supérieur de la magistrature… qu’il a dû abandonner faute du soutien de la droite !

Tout cela donne l’impression que la droite fait peu de cas de l’indépendance de la justice. Quel est son intérêt à surréagir ?

Les fameuses écoutes se sont faites dans le cadre d’une affaire très précise. Celle sur le financement supposé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 par la Libye de Kadhafi. Mais ce sujet est depuis quelques jours complètement écrasé par le procès du fonctionnement de la justice sous François Hollande. Ca, en tout cas, c’est une réussite pour la droite.

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