Les militants du PS - ils ne sont plus très nombreux, à peine quelques dizaines de milliers - vont voter jeudi pour départager les quatre textes d’orientation, les fameuses motions, qui ambitionnent d’inventer un avenir pour leur parti.

Par Renaud Dély

Alors, jadis, ces votes étaient un événement politique considérable. Le congrès du PS était une grand-messe que tout le pays, ou presque, suivait, avec attention. Et là, il faut bien le dire, tout le pays, ou presque, s’en fiche considérablement. C’est sans doute parce que les socialistes ont subi une série de déroutes électorales, en particulier à la présidentielle puis aux législatives, mais pas seulement. 

Pour le PS, la situation est aujourd’hui beaucoup plus grave. Après tout, des raclées historiques, les socialistes en ont déjà encaissé d’autres, par exemple aux législatives de 1993, ou, plus loin, à la présidentielle de 1969. Et pourtant on s’intéressait de près à la reconstruction du parti après ces débâcles parce qu’il apparaissait comme la force politique naturelle de l’alternance. Et ça, c’est terminé.  

Le PS n’apparait plus comme le principal parti de gouvernement vers lequel l’électeur se tourne spontanément s’il veut manifester son mécontentement de la politique d’Emmanuel Macron

La droite de Laurent Wauquiez, éventuellement alliée avec l’extrême droite lepéniste, voire La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, sont en bien meilleure posture. Parmi les quatre candidats au poste de premier secrétaire, un seul, le député européen Emmanuel Maurel prône clairement une alliance avec Mélenchon. La France Insoumise est aujourd’hui plus solide que le PS, mais Emmanuel Maurel fait le pari qu’emportée par sa radicalité et sa virulence, elle perdrait demain de son influence dans une alliance au profit du PS. Un peu comme Mitterrand qui, en prenant les rênes d’un PS fragile, avait vite conclu une alliance avec le PCF pour, comme il le disait, « plumer la volaille communiste ». 

Les trois autres candidats au congrès, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Luc Carvounas, refusent de choisir entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. S’il persiste à refuser de choisir son camp pour bâtir une alliance, on peut craindre que le PS se condamne à une longue, très longue traversée du désert en solitaire.

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