C’est un système qu’on pourrait appeler darwinien : tout le monde est mis en compétition, les forts mangent les faibles. C’est la sélection naturelle.

Emmanuel Macron et Christophe Castaner à Greoux-Les-Bains le 7 mars 2019
Emmanuel Macron et Christophe Castaner à Greoux-Les-Bains le 7 mars 2019 © AFP / Claude Paris

Le principe, c'est que tout le monde est mis à l’épreuve. Le chef, pendant ce temps, observe. Quand il y a des rivalités, il les laisse s’exprimer. Jusqu’à ce que quelqu’un tire son épingle du jeu. Exemple avec la tête de liste pour les Européennes : on ne sait toujours pas qui va être désigné. Ce sera soit Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, soit Nathalie Loiseau, la ministre des Affaires européennes. Il reste deux mois et demi avant l’élection. Alors que les autres partis ont quasiment tous choisi. Jeudi soir, Nathalie Loiseau va passer un test grandeur nature. Puisqu’elle va débattre avec Marine le Pen dans l’Emission politique de France 2. 

Si la ministre cartonne, elle aura sans doute un boulevard. Si elle se plante, le président dira qu’elle n’avait pas les épaules pour le job. Autant dire qu’elle a la pression. Le management à la Macron, c'est sans affect, cela crée du dépassement de soi mais aussi des tensions et de l’épuisement. Prenez les municipales à Paris. Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, semble tenir la corde. Mais en même temps, Macron ne tranche pas. 

Résultat, on a des candidatures concurrentes qui poussent comme l’herbe au printemps : que ce soit Mounir Mahjoubi ou le député Cédric Villani. Et même l’hypothèse Edouard Philippe n’est pas complètement à exclure. Alors qu’il suffirait que le chef tape du poing sur la table pour imposer sa solution. 

Macron est un compétiteur, il imagine le monde à son image. Il veut que tout le monde travaille jour et nuit. Il attend de ses lieutenants qu’ils soient solides, incollables. Et puis, c’est un tacticien qui veut garder les cartes en main le plus longtemps possible, pour jouer la surprise ou le contre-pied… Les têtes de listes des autres partis sont quasiment toutes des jeunes, qui incarnent le renouvellement comme Jordan Bardella chez Marine le Pen ou Manon Aubry chez Jean-Luc Mélenchon. Alors, Emmanuel Macron se dit que c’est le moment de choisir quelqu’un d’expérimenté. Pour faire la différence. Mais pour le nom, il faudra encore attendre. Au moins jusqu’à la fin du mois, si l’on en croit son entourage.

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