Une étrange coalition d’intérêt en vue de 2017 : François Hollande se fait du bien souci pour le sort de l’un de ses amis…

…enfin, disons plutôt un partenaire, un complice, pas tout à fait un copain quand même. Il s’agit d’un certain… Nicolas Sarkozy… Hollande ne peut se plus se passer de son prédécesseur, qui le lui rend bien. Étonnant, non ?

On les a vus ensemble, tout sourire, hier matin sur les Champs-Élysées, à l’occasion du 11 novembre, et attendez-vous à ce que ces scènes, François et Nicolas, bras-dessus, bras-dessous, amis pour la vie, se reproduisent dans les mois qui viennent à l’occasion de cérémonies officielles, à l’Élysée ou ailleurs.

Car François s’inquiète pour l’avenir de Nicolas.

Il y a encore quelques mois, le chef de l’Etat était convaincu que son prédécesseur remporterait haut la main la primaire de la droite. « Ce sera Sarkozy parce que c’est celui qui en veut le plus », confiait-il volontiers en privé. Mais à l’Élysée, on jette un regard angoissé aux derniers sondages. Pas tant à ceux de Hollande qui s’est habitué à son impopularité, mais à ceux de Sarkozy, qui dégringolent. Sa popularité est au plus bas. Sa présidentialité s’effrite et sa cote d’avenir s’effondre.

Pourquoi cette nouvelle chagrinerait-elle François Hollande ? Tout simplement parce qu’il est convaincu que s’il a encore une toute petite chance d’être réélu en 2017, c’est face à Sarkozy. Résultat, dans l’entourage de Hollande, on s’amuse d’entendre les sarkozystes hurler après un fantasmatique « cabinet noir » qui, à l’Élysée, instrumentaliserait la sortie d’affaires judiciaires visant Sarkozy.

« C’est tout le contraire , rigole un fidèle de Hollande. François est le meilleur avocat de Sarkozy. Il ne veut surtout pas le voir renvoyé devant un tribunal avant 2017… »

On m’a rapporté cette semaine une anecdote qui en dit long. C’était il y a quelques mois, à l’occasion de la projection d’un film à l’Élysée, La Loi du Marché , le film avec Vincent Lindon dans le premier rôle. Après la séance, François Hollande partage un verre avec quelques-uns de ses invités. Parmi eux, l’ex-agent des stars, Dominique Besnehard, celui qui avait voulu relancer la carrière de Ségolène Royal dans le stand up.

Toujours drôle, sympa, truculent, Besnehard n’aime pas, mais alors pas du tout, Sarkozy. Alors ce jour-là, sur la terrasse de l’Élysée, il s’approche de Hollande et lui dit, tout content : « En tous cas moi, j’irai voter Juppé à la primaire de la droite ! ».

Et vous savez ce que lui a répondu François Hollande ? Il lui a dit : « Dominique, vous m’aimez bien, hein ? Vous voulez me rendre service ? ». « Oui, Président » « Alors surtout Dominique, le jour des primaires, vous n’allez pas voter, vous restez chez vous ! ».

Encore un peu, et c’est Hollande lui-même qui ira voter Sarkozy aux primaires !

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