Lors de son discours pour le centenaire de l'armistice de la Première Guerre Mondiale. Le président a, une nouvelle fois, mis en garde contre les « nationalismes » qui menacent l’équilibre du monde et en particulier celui de l’Europe.

Emmanuel Macron cherche à incarner la seule opposition aux nationalistes et organiser en quelque sorte un match entre lui et Orban dans l’espoir d’attirer tous ceux qui s’inquiètent de la montée des populismes. On se souvient qu’il y a une dizaine de jours il avait même comparé la période actuelle à celle des années 30. Il est donc assez clair qu’il y a chez Emmanuel Macron une volonté de dramatisation qui dissimule à peine une arrière-pensée politique. Mais il serait injuste et à coup sûr inexact de ne voir que ça dans le discours du chef de l’Etat qui a toujours été cohérent sur le terrain des valeurs… 

Hier, il a même largement corrigé son propos caricatural et même erroné sur le parallèle avec les années 30, le rendant tout à la fois plus crédible historiquement et plus pertinent dans l’opinion. C’était une erreur de comparer la situation actuelle à celle des années 30 ? En tous les cas ce parallèle n’avait guère de sens et il faisait du même coup très « électoraliste ». Hier, il largement corrigé et nuancé ce propos énumérant les dangers : les montées du racisme, de l’antisémitisme, toutes ses « passions tristes » et même « ces idéologies qui manipulent les religions et répandent l’obscurantisme. » Entendez l’islamisme… 

Emmanuel Macron s’est surtout fait le chantre du patriotisme

« Le nationalisme est une trahison du patriotisme » a-t-il lancé. La formule est d’importance car elle lui permet de prendre ses distances avec l’image de « mondialiste » dont une majorité de Français ne veulent pas tout en ciblant clairement l’ennemi à la façon de Romain Gary selon lequel  « le patriotisme c’est l’amour des siens, le nationalisme c’est la haine des autres… »  Patriote contre nationaliste, plutôt que mondialiste contre nationaliste, telle est l’image revue et corrigée qu’a dessinée hier le président de la République… 

Cela peut-il convaincre ?  

Les discours sont importants bien sur. Mais la meilleure façon de lutter contre les nationalismes et d’avoir des résultats économiques, sociaux et d’être capable de réduire les inégalités. Et après les beaux et grands discours – nécessaires – c’est le réel qui est face au président, à commencer par le grand mouvement du 17 novembre contre l’augmentation du prix du gasoil. Il ne suffit pas de pointer les dangers, ce sont des solutions qu’attendent les Français.

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