Au menu des histoires politique ce matin : les régionales qui auront l’an prochain… ou pas !

Petit retour vers le passé

Souvenez-vous, c’était fin février, début mars… On commençait à peine à parler de ce fameux coronavirus, dont personne ne savait à l’époque encore trop rien. Et puis, très vite, le débat a migré, et on s’est focalisé sur les municipales. 

On s’est interrogé. Était-il bien sérieux d’organiser un scrutin et de convoquer les électeurs aux urnes, alors même que l’on annonçait presque au même moment un confinement quasi généralisé de la population ? 

Bon, la suite, vous la connaissez, c’est que le premier tour a été maintenu, qu’il y a eu une polémique, et que le second tour a finalement été reporté de trois mois, au 28 juin.

Les régionales sont-elles en train de prendre le même chemin ?

Eh bien justement, c’est toute la question que l’on se pose actuellement au sommet de l’État. Parce que, certes, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a reçu les chefs de parti, il y a deux semaines, à Beauvau. Et il leur a confirmé que les élections régionales et départementales se tiendraient les 14 et 21 mars 2021. Mais depuis, eh bien rien ne se passe ! Le décret censé fixer la date du scrutin n’est toujours pas paru. Et ce pour une raison toute simple, c’est que le président de la République ne l’a pas signé.

Alors à l’Élysée, on assume. On invoque d’une part les incertitudes liées au contexte sanitaire, et d’autre part la recherche de consensus politique. Et selon ses proches, eh bien Emmanuel Macron veut se donner le temps de prendre la bonne décision au bon moment. En clair, il ne veut pas graver la date de l’élection dans le marbre pour ne pas s’enfermer dès aujourd’hui dans un calendrier qui ne correspondrait plus à la situation épidémique dans six mois.

Les présidents de région seraient-ils prêts à accepter cela ?

C'est ce qui risque d’être le principal obstacle à un éventuel report des régionales. Et on en a d’ailleurs eu un aperçu, lorsque la question a été évoquée au moment du plan de relance. Et qu’elle a suscité une levée de bouclier immédiate !

Parce que derrière ces élections, en réalité, il y a beaucoup plus que l’avenir des régions qui se joue.

Il suffit d’en prendre trois : les Hauts-de-France, l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Dans ces territoires, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez n’ont jamais fait mystère de leurs ambitions pour 2022. Bien au contraire ! 

Et donc il n’est pas question pour eux de se passer d’un scrutin qui leur servira d’abord, et avant tout, à se relégitimer, un an seulement avant la présidentielle.

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