Par Carl Méeus, rédacteur en chef duFigaro Magazine

Les dirigeants de l’UMP marchent sur la tête ! Qu’est-ce qui leur arrive ?

les proches de françois fillon minimisent ses propos sur le fn
les proches de françois fillon minimisent ses propos sur le fn © reuters

L’UMP est un tantinet décalée dans ses préoccupations ! Je ne sais pas si ça va désespérer ou réjouir vos auditeurs, mais on est obligé de constater que quelque chose ne tourne pas rond rue de Vaugirard. Quels sont les deux thèmes dont les dirigeants de l’UMP ont le plus parlé depuis la rentrée ?

Fin août c’était le fameux devoir d’inventaire du quinquennat de Nicolas Sarkozy qu’il devenait urgent de faire, alors que pendant un an il ne fallait surtout pas en parler. Et depuis dimanche, c’est l’attitude que les dirigeants devraient avoir en cas de duel FN-PS au second tour des élections municipales de 2014. C’est François Fillon qui a mis le feu aux poudres dimanche en expliquant que dans un cas pareil, il conseillerait aux électeurs de voter pour le candidat le moins sectaire. Vous me permettez un petit rappel des principales préoccupations des Français ? L’emploi, le pouvoir d’achat, la sécurité…

- Mais l’attitude de l’UMP face au Front National aux prochaines élections, n'est-ce pas tout de même une hypothèse à laquelle l’UMP doit réfléchir, non ?

Pas vraiment non ! Et c’est là qu’on se demande ce qui se passe parfois dans la tête des dirigeants de l’UMP. Y a-t-il vraiment un risque que les candidats de ce parti dans les grandes villes, les villes moyennes ne soient pas qualifiés au second tour ? Jean-François Copé a donné la réponse mardi matin sur i-Télé. On l’écoute :

Depuis 5 jours, les dirigeants de l’UMP débattent entre eux d’une hypothèse d’école où il faudrait qu’un candidat du principal parti d’opposition fasse moins de 10% des suffrages exprimés pour être éliminés !

Le plus effarant c’est de constater que depuis un an l’UMP avait réussi à repasser le mistigri de l’attitude face au FN au PS ! C’est bien le PS qui ne s’est pas qualifié à deux reprises cette année pour un second tour dans des législatives partielles ! C’est bien le PS qui a dû choisir entre un candidat FN et un candidat UMP au second tour ! C’est bien le PS qui a eu un problème avec une partie de ses électeurs qui, malgré les consignes de vote, ont préféré voter pour le FN !

- Comment les dirigeants de l’UMP peuvent-ils se sortir de ce piège ?

Grâce au ni, ni : ni en parler, ni y penser ! Mais surtout, en expliquant que le FN est aujourd’hui davantage un problème pour le PS que pour eux. Regardez le dernier sondage à Marseille : le FN serait en deuxième position, devant le PS aux prochaines municipales. C’est bien le PS qui a un souci avec les électeurs de gauche qui se détournent de lui pour céder aux sirènes du FN et c’est lui qui devra se positionner au soir du premier tour. Sauf si à force de désespérer ses électeurs en ne parlant pas des sujets qui les intéressent vraiment l’UMP réussit l’exploit de rater ce rendez-vous électoral…

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