Par Nathalie Schuck

François Hollande et Nicolas Sarkozy vont monopoliser la campagne autour de la question du terrorisme.

Je ne vous apprends rien en vous disant que la campagne va se jouer sur ce sujet, et pas sur l'ampleur du déficit. Ce sera d'ailleurs sans doute la première présidentielle sous état d'urgence, puisqu'il sera probablement prolongé en janvier.

Et ça arrange plutôt les affaires de François Hollande et Nicolas Sarkozy. Pourquoi ? Parce que ça ringardise leurs rivaux qui n'ont jamais eu, eux, à envoyer des Rafale en territoire ennemi.

Prenez Alain Juppé et son « identité heureuse ». Pour les sarkozystes, c'est un candidat de temps de paix. Emmanuel Macron ? « Il fait fragile », me disait un ministre, qui le surnomme le « petit microbe », et qui ajoute : « Les Français préfèrent les hommes qui ont du coffre et les femmes qui ont du poil aux pattes »...

Bref, pour Hollande comme Sarkozy, la présidentielle sera une affaire de candidats « expérimentés », comme on dit. En clair : sévèrement burnés.

Le match entre eux a déjà commencé. Heureusement que ces deux-là se détestent, on pourrait croire qu'ils se sont concertés. Parce que concentrer le débat sur le terrorisme, ça a un gros avantage pour eux : ça leur permet d'échapper à leur bilan, dans les deux cas pas brillants. C'est le président qui a lancé les premières ogives jeudi dans son discours salle Wagram : l'état de droit c'est lui, l'état d'exception c'est Sarkozy. Hier matin dans le JDD, l'ancien président a envoyé les tirs de riposte en déballant son plan antiterroriste : Cour de sûreté, internement des personnes sous fiches S etc. Et dans l'après-midi, surprise, Hollande a répliqué en publiant sur Facebook un message sur les attentats du 11-Septembre, plein d'allusions et très critique sur l'administration Bush...

Pour François Hollande, Nicolas Sarkozy c'est un peu le nouveau George Bush. Ce n'est pas dit comme ça, mais l'objectif c'est bien de faire passer Nicolas Sarkozy pour le cousin français de George W. Bush qui mettrait la démocratie en péril. Vous avez remarqué comme le PS multiplie les allusions au Patriot Act ou à Guantanamo ? François Hollande, lui, se verrait bien comme le nouveau Jacques Chirac, qui avait dit non à Bush et à la guerre en Irak. Ce n'est donc pas un hasard si le président a glissé hier dans son message Facebook un hommage au Jacques Chirac de 2003. A l'Elysée, on aimerait bien imposer l'idée que 2017 se jouera entre Nicolas Bush et François Chirac.

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