Retour sur la polémique à propos de la création d'un poste de commissaire européen à la « protection du mode de vie européen »

Un mode de vie européen ?
Un mode de vie européen ? © Getty / Carl Court

On a bien vu les indignations ce ceux qui soupçonnent là un petit clin d’œil aux populistes de droite présents au parlement européen, notamment les amis de Victor Orban, lequel a utilisé une expression similaire.

Alors la lettre de mission signée par Ursula Von der Leyen, ne ressemble vraiment pas du tout à un brûlot anti-immigration. Et puis la nouvelle présidente de la Commission, qui a accueilli un réfugié syrien chez elle il y a 4 ans, peut difficilement être en défaut sur le sujet. 

Mais bon, cela n’empêche pas un peu de triangulation. Comme disait Woody Allen : 

On n’a jamais vu un aveugle dans un camp de nudistes

Mais au delà du registre des farce et attrapes de la politique, c’est un sujet passionnant, ça, le mode de vie européen…

Et pourquoi ne pas en parler ? Les Américains en font des tonnes sur l’american way of life. Et d’ailleurs ça marche, ça fait deux siècles que l’Amérique attire ainsi des gens, des talents du monde entier.

Et nous ? Qu’a-t-on à raconter au monde ? 

Cela rejoint d’ailleurs ce débat pas si anecdotique sur les billets de banque en euros sur lesquels figurent des bâtiments de synthèse, c’est à dire rien. Pas d’incarnation, pas d’imaginaire.

L’Europe c’est, vu de loin, des normes, des papiers, des classeurs. Comme mode de vie, cela ne fait pas rêver…

Mais alors ce serait quoi un « mode de vie européen » ?

Il y a un an, j’avais posé la question à Thomas Buberl, le patron – allemand – d’une multinationale française – AXA.

Et voici ce qu’il avait répondu :

L'Europe doit se positionner sur un modèle de société alternatif. Incarner un capitalisme ouvert et social, la croyance en une économie responsable, attentive aux inégalités qui touchent les peuples, protectrice de la Terre. C'est cela, l'identité européenne dans le monde globalisé d'aujourd'hui. 

Autrement dit, la démocratie sociale. Voilà donc une tentative, un modèle qui peut attirer, concurrencer ceux de la Chine et de l’Amérique ! Il peut y en avoir d’autres mais c’en est un. 

Le problème, avec ce poste de commissaire à la « protection  du mode de vie européen », ce n’est pas le « mode de vie », c’est le mot « protection». 

Cela fait tout de suite défaite, « protéger ». Ça annonce un racornissement. Il fallait plutôt écrire « promouvoir ». Mais bon, la « protection », à gauche comme à droite, est la fausse promesse préférée des politiques…

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