Il y a comme un trou d'air dans la campagne de Marine Le Pen.

Par Renaud Dély.

A moins de dix jours du premier tour, Marine Le Pen a peur. Je le tiens de source sûre, de son entourage le plus proche. Dans son staff, on est stupéfait de la réaction de la patronne du FN dans la foulée de son dérapage de dimanche dernier. Elle avait nié la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’hiv en 1942 et avait été aussitôt accusée de renouer avec la vieille tradition antisémite familiale. Marine Le Pen s’est contentée d’un communiqué pour expliquer qu’elle reprenait l’explication gaulliste selon laquelle la France, pendant la guerre, était à Londres et non pas à Vichy. Au passage, elle rompait donc avec le fameux discours de Jacques Chirac de juillet 1995, approuvé depuis par ses successeurs Sarkozy et Hollande.

Mais à l’extrême droite, la plupart de ses partisans auraient peut-être pu comprendre sa position, sauf que Marine Le Pen a disparu. Elle a choisi de se planquer. Et c’est ça qui a stupéfait certains frontistes. « Marine a eu peur, elle a cru revivre la tempête qui s’était abattu sur son père lorsqu’il avait qualifié les chambres à gaz de "point de détail" », confie l’un d’eux.

La patronne du FN a commencé par annuler sa venue au micro du 7/9 de Patrick Cohen. Et puis elle a renoncé à une visite lors de laquelle elle aurait pu devoir répondre aux questions des journalistes.

Et c’est ça qui désole certains dirigeants du FN. « Jean-Marie, dans la bourrasque, il montait au front, Marine, elle, elle reste planquée à l’arrière », s’indigne l’un d’eux.

Il y a un doute qui est apparu dans l’équipe de campagne de Marine Le Pen. Et ce n’est pas la première fois que ça lui arrive. Lorsqu’elle est dans la difficulté, Marine Le Pen est sujette aux coups de colère suivis de coups de déprime. Déjà, en 2012, elle avait disparue quelques jours, exaspérée de voir qu’elle n’arrivait pas à rattraper son retard sur le tandem Hollande-Sarkozy. Re-belote après sa défaite des régionales de décembre 2015 dans le Nord, elle avait carrément plongé pendant deux semaines. Résultat, au FN, certains se lassent de ses humeurs. Surtout parmi les proches de sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen. La jeune députée du Vaucluse s’est sentie « humiliée » par sa tante. Et ses soutiens, convaincus que le FN ne l’emporterait pas encore cette fois-ci, sont déjà décidés à préparer l’après-Marine...

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