On parle beaucoup ces temps-ci de la place de Nicolas Hulot auprès de Macron. Mais il est un autre écologiste qui joue un rôle sans doute aussi important et dont on parle moins...

Daniel Cohn-Bendit
Daniel Cohn-Bendit © Maxppp / L'indépendant / Claude Boyer

Par Marcelo Wesfreid

Cet écolo, c’est Daniel Cohn-Bendit, c’est Dany le rouge, le rebelle de Mai 68, de la fac de Nanterre, qui vit entre l’Allemagne et la France, le cofondateur d’EELV.

Les deux hommes se sont découverts tard, pendant la campagne. Cohn-Bendit est assez vite attiré par le côté transgressif de Macron.  Quant à Macron, il voit vite l’intérêt avoir à s’afficher avec une figure chimiquement pure de la gauche.

Le tandem se retrouve au QG de campagne et discute de tout

Cohn Bendit lui vend l’idée de moduler le temps de travail en fonction de l’âge des salariés. En gros, les 35h seulement pour les seniors. Les jeunes peuvent faire plus. Macron reprend la proposition, on l’a oublié. Puis, fait marche arrière. Mais le brainstorming, entre eux deux, ne s’arrête pas là. Daniel Cohn Bendit passe souvent à l’Elysée. Il se définit d’ailleurs comme un « visiteur du jour ». Par opposition aux visiteurs du soir, vous savez, ces conseillers du prince, qui veulent rester dans l’ombre. 

Cohn Bendit apporte ses éclairages sur la situation politique en Allemagne, où il a une maison. Sur l’Europe, sur les européennes. Il a été député européen pendant 19 ans. Il aide Macron à trouver des relais chez nos voisins. 

Il sera très utile aussi l’an prochain pour les 50 ans de mai 68. L’Elysée avait laissé entendre qu’une célébration serait préparée. Avant de sembler changer d’avis. Mais ce qui est sûr, est qu’on va beaucoup parler ces prochains mois de cette « révolution » entre guillemets, de son héritage, des questions sociétales…

Paradoxalement, ils parlent peu d'écologie ensemble

Parce que même si hier Macron a joué le leader du monde sur le climat, il n’empêche : sa conversion à l’écologie est assez récente, et sur beaucoup de sujets encore timide. On l’a vu sur le nucléaire, par exemple. Mais Cohn Bendit préfère regarder un peu ailleurs, comme un amoureux qui ne voit pas les boutons de sa copine...

C’est aussi vrai sur l’économie, les ordonnances sur la loi Travail de Macron… On est à mille lieues des positions d’Europe écologie les Verts, le mouvement créé par Cohn-Bendit avec José Bové et Eva Joly. 

Sur l’immigration, Cohn Bendit veut aussi qu’on accueille plus largement les migrants. Mais ces différences pimentent leur collaboration. C’est comme ça : les animaux politiques, ça aime avant tout à se renifler.

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