Le Président de la République a fait de Marseille l’un des enjeux des prochaines municipales. Quels sont les signes qui permettent de dire cela ?

marseille n'est pas la capitale de l'insécurité, selon le procureur
marseille n'est pas la capitale de l'insécurité, selon le procureur © reuters

L’année dernière, on avait eu quelques signes qui permettaient de penser que faire basculer Marseille à gauche était devenu la priorité du Président et du gouvernement.

Premier d’entre eux: l’Elysée soutenait clairement Marie-Arlette Carlotti, ministre, dans la primaire socialiste destinée à départager les candidats.

Deuxième signe : l’enveloppe accordée par Jean-Marc Ayrault à Marseille en novembre dernier, de plus de 3 milliards d’euros ! Quand vous pensez que toute la région Bretagne a eu péniblement 1 milliard après les manifestations monstres des bonnets rouges, vous mesurez où est la priorité.

Tout cela, c’était l’année dernière.

Depuis, il y a eu d'autres signes, comme le nombre de visites ministérielles dans la cité phocéenne. C’est sans nul doute la ville de France qui a vu défiler le plus de cortèges ministériels dans ses rues. Et je ne compte pas les visités répétées du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls qui y était encore le 27 janvier. Déplacements qui se font généralement sans le maire, Jean-Claude Gaudin, et qui permettent aux ministres de soutenir le candidat socialiste en se promenant avec lui dans les rues de la ville ou en participant à l’inauguration des locaux de campagne.

Tous les présidents et gouvernements l’ont fait avant celui-ci et c’est de bonne guerre dans une campagne. Le problème, c’est que François Hollande a dit qu’il ne ferait pas comme ses prédécesseurs. Vous vous souvenez de son fameux « moi président » dans le débat de l’entre deux tours de la présidentielle. Pour vous rafraichir la mémoire :

Ne pas s’occuper de tout et ne pas être chef de la majorité ? François Hollande fait pire : il s’occupe lui-même de la majorité marseillaise. Il a reçu au début du mois Pape Diouf à l’Elysée pour le dissuader de se présenter à la mairie de Marseille ! Fin janvier, c’est Jean-Luc Bennhamias, candidat du Modem, qui est dans le bureau présidentiel pour organiser le second tour. Hollande a également demandé au président du PRG, Jean-Michel Baylet, de l’aider à faire l’union de la gauche… Imaginez une seconde si Nicolas Sarkozy avait entrepris un dixième de ce que fait Hollande pour Marseille ! On entend déjà le tollé des bonnes âmes qui auraient hurlé contre une ingérence scandaleuse dans une campagne.

Pourquoi Hollande se mobilise-t-il autant pour Marseille? Parce que Marseille sera peut être l’arbre qui cachera la forêt. Les municipales s’annoncent si difficiles pour le pouvoir que si les socialistes parviennent à gagner Marseille, médiatiquement, ils pourront atténuer la défaite en brandissant ce trophée.

Mais ce n’est pas encore fait. Car en nationalisant ainsi la campagne, Patrick Mennucci et François Hollande courent le risque de se voir sanctionner.

A Paris, Anne Hidalgo a fait le choix inverse : prendre ses distances vis-à-vis du gouvernement et ne parler que des enjeux locaux. Pour l’instant, les sondages lui donnent raison. On verra le 30 mars si les électeurs les confirment.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.