La campagne présidentielle ressemble  de plus en plus à L’Affaire Tournesol.

Par Jannick Alimi.

Vous vous souvenez que dans l’Affaire Tournesol, le capitaine Haddock tentait désespérément de se débarrasser de ses sparadraps qui lui collaient à la peau? La campagne présidentielle que nous vivons actuellement est remplie de ces sparadraps et de ces capitaines Haddock.

Il s’agit de ces hommes et de ces femmes qui vous veulent du bien comme un sparadrap mais qui à force de vous coller à la peau vous font plus de mal que de bien. Ce sont des amis Canada Dry, qui ont l’apparence des amis, le goût des amis, mais qui sans être des ennemis ne sont pas vraiment des amis. En fait, ce sont des amis qui finissent par être encombrants, très encombrants même. Et des sparadraps comme des capitaines Haddock, il y en à droite, il y en à gauche.

Prenez Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement. Elle serait prête, dit-on à succomber aux yeux bleus d’Emmanuel Macron, le président d’En Marche. Alors a priori, on pourrait dire que c’est tout bon pour Macron. Le candidat à la présidentielle ne compte pas tant de têtes d’affiche et de ténors parmi ses troupes. Sauf que Ségolène Royal a plus de 30 ans de vie politique derrière elle. Pour un parti qui veut faire du neuf, c’est un peu gênant. « On ne veut surtout pas de bonnets à plume chez nous », me disait un proche de l‘ancien ministre de l’Economie. Et puis Ségolène Royal, c’est François Hollande, ou presque, c’est en tout cas le bilan du quinquennat, et pour un mouvement qui veut incarner un souffle nouveau, le bilan Hollande, c’est pas terrible, terrible. Ségolène Royal, c’est aussi le parti socialiste. Et quand on veut être et à droite et à gauche, là non plus ce n’est pas génial. « On ne veut pas être le radeau de la méduse du PS », me disait encore ce proche de Macron. Et chez Macron, y en a des sparadraps, Ségolène mais aussi Alain Minc, Jean-Paul Huchon, Jean-Marie Cavada. C’est sûr, pour un mouvement du 21ème siècle, on peut faire mieux.

Et à droite les sparadraps et les capitaines Haddock, c'est par exemple François Bayrou. Vous vous souvenez qu’il avait pris fait et cause pendant la primaire pour Alain Juppé. Là encore, on peut se dire « bonne prise ! » pour le maire de Bordeaux. Sauf que pour les électeurs de droite, Bayrou c’est le traitre, celui qui a retourné sa veste entre les deux tours de la présidentielle de 2012, en faveur de François Hollande et au détriment de Nicolas Sarkozy. « Bayrou, c’est l’ami de Juppé qui l’a fait couler», me soutenait un autre ami de Juppé. Le baiser qui tue. Et puis, je peux aussi vous parler des sparadraps que Fillon voudrait bien décoller du moins camoufler, comme les soutiens venus de l’extrême droite comme Sens Commun, ou encore Jean-Frédéric Poisson qui avait dû s’excuser pendant la campagne pour des propos jugés antisémites. La politique ce n’est pas un jardin à la française, il y a les vrais ennemis, les faux amis, il y a les faux ennemis et les vrais amis. Mais c’est peut-être cela le prix de la démocratie.

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