Par Jannick Alimi.

Ils sont tous les deux présidents, François de Rugy, de l’Assemblée nationale et Gérard Larcher, du Sénat. Contrairement aux apparences, ils ont en commun certaines convictions. Pourtant, ces deux là n’étaient vraiment pas faits pour s’entendre…  

Une génération les sépare, l’un a 44 ans, l’autre 68. François de Rugy, vient de la gauche, il a été président du parti écologiste, puis membre du PS avant de rejoindre la République en Marche. Larcher, lui, est de droite, élu local et sénateur sous les couleurs de l’UMP, du RPR, des Républicains, cumulard à souhait, plusieurs fois ministre. Surtout, François de Rugy, soutient urbi et orbi la réforme des institutions qu’Emmanuel Macron veut faire passer d’ici à la fin de l’été et qui sera au menu d’un conseil des ministres dans les prochaines semaines. Alors que Gérard Larcher – je rappelle qu’il faut les 3/5ème des parlementaires pour qu’elle passe- s’y oppose, en tout cas dans les mots.  

Les fameuses « lignes rouges » auxquelles il ne faut surtout pas toucher…  

Gérard Larcher, qui veut incarner la stabilité des « territoires » face aux émotions qui, selon lui, peuvent troubler le jugement des députés mandatés directement par leurs électeurs, ne veut pas  toucher au département. S’il accepte la proportionnelle c’est à petite dose et ne surtout pas l’inscrire dans la constitution, il s’oppose aussi à la limitation des cumuls dans le temps…  

Autant de mesures défendues par François de Rugy. Alors, où est ce fameux axe de Rugy- Larcher? Selon vous, les deux hommes se retrouvent dans la défense de l’équilibre des pouvoirs…  

Effectivement. Un proche de François de Rugy me confiait : « Les deux présidents sont d’accord sur un point essentiel, renforcer leurs pouvoirs d’évaluation des politiques mises en œuvre par le gouvernement ainsi que les pouvoirs de contrôle de l’exécutif par le législatif, c’est à dire par les deux chambres. » Et du côté du Sénat, on ajoute aussi dans la coulisse, qu’au delà des modalités de la réforme constitutionnelle, Larcher est redevable au président de l’Assemblée sur un point vital : contrairement à son prédécesseur, Claude Bartolone, de Rugy ne milite pas pour la mort du Sénat. Alors pour ces deux raisons, et sauf coup de théâtre, Larcher devrait emboîter le pas de de Rugy et faire voter la réforme vers une 5ème république bis.

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