Je fais peu de cas de l’avenir de l’unité nationale des politiques telle qu’on l’a entrevue depuis mercredi.

En politique, l’union sacrée trouve rapidement ses limites.

Manifestation Je suis Charlie
Manifestation Je suis Charlie © MaxPPP

Quand on parle d’union sacrée, on fait référence à ce moment historique de 1914 qui a vu tous les partis de droite et gauche s’unir à la veille de l’entrée en guerre de la France contre l’Allemagne. La situation que nous traversons n’est pas celle d’un conflit d’un pays contre un autre comme il y a un siècle certes, mais, comme l’ont dit plusieurs dirigeants dont Manuel Valls lui-même qui a utilisé le mot, c’est une « guerre » contre un radicalisme religieux.

Et donc, nos politiques pourraient apporter la même réponse qu’en 1914 et François Hollande tenter de mettre sur pied un gouvernement d’union nationale avec tous les partis qui ne sont pas aujourd’hui dans la majorité, l’UMP et le centre en premier lieu. Mais cela restera au stade de la théorie. Pour quelles raisons ?

D’abord parce le consensus partisan ne pourrait se faire que sur une thématique, en l’occurrence la sécurité des Français, la lutte contre le terrorisme. UMP et PS pourraient en effet s’entendre sur ce point, mais ça n’irait pas plus loin. Une union nationale sur les chapitres économique, social et sociétal est totalement inenvisageable et on ne va pas tarder à s’en rendre compte dans quelques jours, quand reviendra sur le devant de la scène la loi pour la croissance et l’activité d’Emmanuel Macron.

Autre raison : le Front national, qui serait de fait exclu de cette alliance de circonstances, se positionnerait en martyr et crierait une fois de plus à l’UMPS. De quoi refroidir les uns et les autres.

Enfin, la campagne pour l’élection présidentielle de 2017 est déjà lancée, et la dispute politique aussi. Chacun est déjà dans son couloir.

Faut-il, alors regretter, l’absence d’une union sacrée ?

A priori ça peut apparaître comme LA solution idéale, mais je ne le pense pas. Nous avons, en France, la culture du débat démocratique. Il peut parfois être stérile, mais il peut aussi être fructueux, nous le savons. Et en tout cas, notre pays s’est construit sur cet antagonisme droite/gauche. A nos politiques d’en trouver le juste degré. Mais s’en défaire serait nier notre singularité et finalement, quelque part, abandonner une part de notre identité aux terroristes. Un état d’exception contraire à notre histoire, serait déjà une concession de trop.

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