Quelqu'un est-il capable de troubler le duel annoncé entre l’actuel président de la République et la patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen ? Tous les adversaires potentiels sont observés, disséqués même.

L’obsession de la Macronie : barrer la route aux potentiels candidats pour 2022
L’obsession de la Macronie : barrer la route aux potentiels candidats pour 2022 © AFP / YOAN VALAT / POOL

On va jusqu’à analyser le jeu du Premier ministre, le jusqu’ici très loyal Edouard Philippe. Il est soupçonné par certains d’avoir voulu donner personnellement des gages à l’électorat de droite en s’accrochant à un âge pivot qui n’est que provisoirement abandonné. Il aurait souhaité, frémit-on, se montrer plus "sérieux" qu’Emmanuel Macron qui avait, lui, ouvert les vannes budgétaires pour les gilets jaunes.

On s’inquiète aussi de Laurent Berger et de son pacte signé l’an dernier avec Nicolas Hulot.

Préventivement, Emmanuel Macron continue d’asphyxier le paysage politique. Devant la convention sur le climat vendredi dernier, avant des annonces bientôt sur le communautarisme. 

Et il s’intéresse aussi de très près aux futures élections, comme les municipales de mars prochain.

Les macronistes ont bien entendu noté la promesse faite par Anne Hidalgo lors de sa déclaration de candidature à sa succession à Paris de ne pas briguer l’Elysée en 2022.

En réalité, ce sont les élections régionales que l’actuel président et ses proches observent avec attention

Depuis la loi relative à la délimitation des régions votée sous François Hollande, la France ne compte plus que 13 super régions, autant de baronnies dans lesquelles s’épanouissent des figures politiques de premier plan comme Valérie Pécresse en Ile-de-France, Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France et Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes. Autant de possibles prétendants de droite à l’Elysée…

Ce n’est encore qu’une hypothèse, mais un scénario machiavélique commence à germer. Et si les élections régionales qui doivent se tenir en 2021, mais dont la date définitive n’est pas encore fixée, étaient repoussées en décembre de cette année-là ?

Ce serait l’occasion de coincer ces grands élus, obligés de prendre leur risque et de lâcher leur fief s’ils veulent être candidats quatre mois plus tard à la présidentielle. Cela clarifierait, du moins le pense-t-on chez Macron, le paysage politique.

Dans l’entourage de l’un de ces présidents de région, on fait mine de s’en laver les mains. Et l’on rappelle à quel point ce genre de stratégie, ou plutôt de tripatouillage électoral, avait pu nuire jadis à un certain… François Hollande.

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