Par Marcelo Wesfreid

Cette semaine, le PS ouvre les inscriptions pour son université d'été. Elles auront lieu cette année à Nantes et non plus traditionnellement à La Rochelle. Et cette édition s'annonce chamboulée. Avant une présidentielle, une université d'été, c'est crucial. Ça lance une dynamique. Ça mobilise les militants. Alors, cette année, le PS – qui est en difficultés - fait un gros pari. Il change complètement de formule. Fini, La Rochelle. Ses éléphants, ses ministres défilant sur le vieux port, complotant dans les restaurants de fruits de mer.
Le PS fait sa rentrée politique, pour la première fois, à Nantes. Ce sera fin août, dans le centre des congrès de la ville, dans des amphithéâtres géants, dont une salle de 2000 places. Qu'il faudra remplir. Pas simple vu le nombre de défaites électorales...
Même le logo de l'événement change, puisque ce ne sera plus celui du PS qui trônera, mais celui de la BAP. Je vous rassure, pas grand monde le connaît, ce sigle. La BAP, c'est la « belle alliance populaire ». Le nom est pompeux mais il s’agit d’un rassemblement, imaginé par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. C’est une sorte de nouvelle « gauche plurielle ». Ça réunit des syndicalistes, des associatifs, quelques mouvements qui veulent travailler avec le PS, qui prendront la parole à Nantes. En réalité, ça ne représente pas grand monde. La consigne des organisateurs c'est faire de Nantes une « université de combat » contre la droite et l'extrême droite... Une université de combat, oui. Le PS, qui sera enfin débarrassé de la loi Travail, passera en mode campagne présidentielle. Mais les mauvaises langues disent que le combat, c'est dans les rues autour du centre des congrès de Nantes, qu'il sera le plus visible. La semaine dernière, un député m'a dit : « on n'a pas trouvé pire comme ville. Qui est le con qui a pensé à Nantes? »

Nantes, c'est une ville sous tensions, à cause du projet d'aéroport à Notre-Dame des Landes. Les militants anti-aéroports sont chaud bouillants. Dans 15 jours, le gouvernement lance une consultation en Loire-Atlantique. Une sorte de référendum. Si le oui, l'emporte le 26 juin, les pelleteuses vont commencer leur travail. Et là, ça va être l'explosion! Les zadistes vont vouloir casser du socialiste. Ça promet beaucoup de CRS autour du centre des congrès. Une image d'université d'été barricadée. Bref, la fin de l'été va être chaude.

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