Pour le PS le désastre politique des législatives est aussi une catastrophe financière.

Par Jean-Bapstiste Daoulas

A son siège rue de Solférino, on s’inquiète pour la survie du parti. Pour résumer, entre la perte d’au moins 250 députés et la raréfaction des électeurs socialistes, c’est un manque à gagner d’environ 17 millions d’euros de financement public chaque année pour le PS.

Un salarié du parti m’expliquait hier qu’un comité d’entreprise est prévu pour la fin du mois de juin. Avec sans doute un plan social. Même la vente du mythique siège du parti, n’est plus un tabou. D’ailleurs, des petits malins ont déjà déposé une annonce parodique sur le Bon Coin : “Siège du PS, 10 rue de Solférino. A rénover.”

Un permanent dont l’emploi est menacé préfère en rire : “On pourrait peut-être juste changer le sigle sur la façade, me disait-il. Et remplacer Parti Socialiste par République en Marche !”

Les finances du parti sont dans un état catastrophique. Et pour les députés battus, c’est déjà le moment de retrouver un travail. “Trouver un boulot quand on a été député socialiste, c’est compliqué. Beaucoup vont être au chomedu”, me confiait un eurodéputé qui, lui, a son mandat assuré jusqu’en 2019.

“Je n’ai pas de matelas, pas de solution”, m’expliquait hier un élu francilien éliminé dès le premier tour. Alors, évidemment, tous les députés sortants ne sont pas égaux. Ceux qui sont fonctionnaires vont pouvoir réintégrer leur administration d’origine en attendant des jours meilleurs. Enfin, en théorie tout du moins. Un député battu dimanche me racontait qu’avant de se faire élire en 2012, il était fonctionnaire territorial. Sauf que depuis 2012, la collectivité territoriale où il travaillait est devenue communiste… Autant vous dire qu’il risque de ne pas être très bien accueilli s’il veut y retourner. Et puis, il n’y a pas que les députés qui vont devoir chercher du travail. Plusieurs centaines d’assistants parlementaires se retrouvent eux aussi sur le carreau

Les socialistes vont devoir réapprendre à faire de la politique avec peu de moyens

“On a vécu pendant trente ans sur une rente de situations”, a reconnu hier Jean-Christophe Cambadélis devant le bureau national du PS, réuni à huis-clos. Cette époque, elle est terminée. Il va falloir réapprendre à militer après les heures de bureau, à ne plus avoir des assistants qui tiennent votre agenda et vous rédigent des notes de travail. Adieu, aussi, aux confortables indemnités de parlementaires.

Bref… “Ca va peut-être nous forcer à ne plus être des bourgeois de la politique !” s’enthousiasme un proche de Benoît Hamon, qui conclut: “Ce sera salutaire si ça nous débarrasse de tous ceux qui sont venus au PS parce que c’était un parti de pouvoir.”

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