martine aubry reste maire de lille
martine aubry reste maire de lille © reuters

Jeudi, Manuel Valls participera à un meeting pour les européennes à Lille. Mais il pourrait bien se faire voler la vedette par Martine Aubry.

Parce que l’ancienne Première secrétaire du Parti socialiste se faire rare et donc, chacune de ses apparitions est scrutée à la loupe. Et pour cause : Martine Aubry incarne une politique alternative au virage social-libéral de François Hollande. Certains socialistes la soupçonnent d'avoir encouragé des parlementaires frondeurs à ne pas voter le programme de stabilité budgétaire de Manuel Valls. Bien sûr, elle prend soin de ne pas apparaître publiquement en diviseuse.

Mais il y a des petits signes qui ne trompent pas . Par exemple, Martine Aubry s’est fendu d’une lettre à François Rebsamen pour lui demander de renoncer à la réforme du régime des Intermittents du spectacle. La ministre du Travail qu’elle fut bien avant lui, sait à quel point ce sujet est explosif, mais elle ne se prive pas de donner son avis pour le moins… tranché. Je la cite : « ce texte ne peut, dit-elle, avoir pour unique objectif de faire des économies et il doit préserver les droits des plus précaires».

Plus qu’une simple critique, c’est une synthèse de ses divergences profondes vis-à-vis du gouvernement. Un gouvernement aujourd’hui dirigé par l’un de ses plus farouches adversaires.

En 2009, après la défaite cinglante du PS aux européennes, Manuel Valls avait appelé à une transformation totale du parti que dirigeait Martine Aubry. La maire de Lille lui avait demandé, en gros, d’aimer le PS ou de le quitter. Imaginez sa réaction quand elle voit aujourd’hui à la tête du gouvernement celui qui n’a totalisé que 5% des voix à la primaire PS. Martine Aubry, la dame des 35 heures, aurait pu incarner une seconde phase redistributive du quinquennat, sauf que de redistribution, il n’est pas aujourd’hui question. Les caisses, aujourd'hui, sont vides.

Cela signifie-t-il que son avenir politique est derrière elle? Un député me confiait récemment que Martine Aubry est davantage dans une stratégie d’empêchement due à une certaine amertume que dans une volonté de promotion personnelle. Elle continue, c’est vrai, à ne jurer que par Lille.

Ecoutez ce qu’elle disait sur BFM TV au soir du premier tour des municipales :

Maire de Lille, elle l’est toujours, mais la métropole lui a échappé. Martine Aubry est aujourd’hui dans un corner. Cependant, un François Hollande réélu et qui aurait les coudées budgétaires plus franches pourrait faire appel à elle pour Matignon. Peut-être que d’ici là, ils auront dépassé leur inimitié respective. Et puis il y a 2022 : vous me direz c’est loin, mais en politique, rien n’est jamais trop loin et après tout, Martine Aubry aura 72 ans tout comme un certain... Alain Juppé, dont on parle beaucoup ces derniers temps.

Et je parie aussi que Martine Aubry regarde avec intérêt le parcours de l’ex Première Dame américaine, Hillary Clinton qui, à 66 ans, se lance dans une pré-campagne pour succéder en 2016 à Barack Obama ! De quoi lui donner des idées de revanche. Who knows?!

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