A propos de la polémique sur la réforme du collège et des programmes scolaires. Nicolas Sarkozy dénonçait lundi « la médiocrité » de Najat Vallaud-Belkacem. A-t-il été trop loin ?

Collège Guy Flavien à Paris
Collège Guy Flavien à Paris © MaxPPP/IP3/Christophe Morin

Allons, si on ne peut plus dire d’un ministre qu’il est médiocre dans le cadre d’un débat démocratique, c’est la fin des haricots. Il a été dit bien pire sur Nicolas Sarkozy par la gauche depuis dix ans. Si Manuel Valls s’est beaucoup énervé hier à l’Assemblée contre cette attaque, c’est aussi bien sûr parce que ça lui donne l’occasion de faire diversion et espérant ressouder son camp derrière la ministre de l’Education. Quant à la droite, elle trouve une bonne occasion de se refaire une santé après avoir voté la loi sur le Renseignement.__

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On a parfois du mal à voir par où passe le clivage droite-gauche sur toutes ces questions. Depuis la campagne présidentielle de 2007, le clivage est à l’envers . La droite revendique la place qui fut longtemps celle de la gauche : le respect du maître et du savoir transmis, la défense des disciplines. En revanche, la gauche est devenue la messagère zélée d’une modernité pédagogique.

Mais dans le débat de 2017, le critère principal devrait se jouer sur l’évolution du collège et de sa diversification pour y accueillir des filières professionnelles, et même manuelles. Il se jouera aussi sur la réforme du lycée, qui coûte beaucoup trop cher et que Sarkozy a renoncé à réformer en 2010.__

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L’opposition critique aussi le fond, notamment l’évolution des programmes. Les respo nsables politiques peuvent-ils les c hanger?

C’est une prérogative du ministre de l’Education, mais il la laisse le plus souvent à une commission de spécialistes. Rien ne l’empêche pourtant d’orienter le contenu, tant qu’il respecte les faits. Nicolas Sarkozy n’a jamais trop voulu s’y risquer. En revanche, il a voulu créer des moments symboliques, souvenez-vous, comme la récitation de la lettre de Guy Mocquet. Cet échec l’a vite dissuadé de fourrer son nez dans cette cuisine-là. Aujourd’hui, il entend finalement intervenir sur les programmes si la droite revient.

Justement, la droite réclame un retour au roman national dans le programme d'Histoire. __ C’est une expression maladroite. L’Histoire n’est pas un roman, ni un récit embelli, mais un récit véridique. Mais il n’y a rien d’absurde, bien au contraire, à demander que les programmes d’Histoire accordent une place plus approfondie à la construction de la Nation, à sa prise de conscience, à son ascension et à ses échecs.

Si on s’attache à enseigner l'histoire de la France dans son rapport au monde, dans son rapport à l’Europe, à ses colonies, aux migrations, et à l’islam, on ne peut pas enseigner l’histoire du monde. L'esprit des élèves ne peut pas avaler le tout. On perd donc sur les deux tableaux, et sur celui de l'histoire nationale, et sur celui de l'histoire mondiale.

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