En coulisses à droite, beaucoup d'élus craignent que Marine Le Pen devienne la nouvelle cheffe de l'opposition après les élections.

Par Nathalie Schuck.

Je vais vous raconter une petite anecdote qui en en dit long sur le niveau de désespoir à droite, où beaucoup d'élus préféreraient se planquer dans un bunker jusqu'à cet été. Thierry Solère, l'ancien porte-parole de François Fillon, qui s'est fait une vilaine fracture, a reçu un coup de fil dépité d'un sénateur : « Dis donc Thierry, tu me passerais pas le marteau avec lequel tu t'es cassé le pied pour que je me pète les deux ? »

Chez Les Républicains, vous l'avez compris, plus personne ou presque ne croit à la victoire. Et leur grande peur s'appelle... Marine Le Pen ! Un ancien ministre me disait : « La question de la victoire du FN à la présidentielle est clairement posée ». Et même si Marine Le Pen perd, la droite s'attend quand même au pire. Un ancien ministre m'a raconté qu'il se prépare à une « catastrophe » aux législatives, avec la droite qui pourrait passer de 200 à 100 députés, moitié moins, et le FN qui progresserait d'un coup de 3 députés à 100, c'est-à-dire quasiment à égalité !

Dans ce cas, qui incarnerait l'opposition, c'est bien ce qui fiche la trouille aux Républicains : même si Marine Le Pen perd, elle peut s'imposer dans le prochain quinquennat comme la première opposante au président s'il s'agit d'Emmanuel Macron. Pourquoi ? Parce que la droite se retrouverait dynamitée façon puzzle entre les élus qui fileraient chez Macron, ceux qui se réfugieraient dans la neutralité et ceux qui se laisseraient draguer par le FN. Un responsable des Républicains, qui tient à garder l'anonymat, m'a confié en off qu'il a rencontré Marion Maréchal-Le Pen il y a quelques mois et qu'il se posera sérieusement la question de rejoindre le Front National si sa tante remporte la présidentielle.

Pendant longtemps, la classe politique s'est rassurée en se disant que Marine Le Pen n'arriverait jamais à avoir une majorité à l'Assemblée à cause du mode de scrutin des législatives, qui est un véritable couperet. Mais elle a prévu le coup. Si elle est élue, elle a promis qu'elle soumettrait aux Français un référendum pour instaurer la proportionnelle intégrale. Un responsable LR me disait : « Elle n'aurait plus qu'à dissoudre rapidement l'Assemblée et elle aurait les mains libres pour gouverner ». Le même ajoutait : « Pour la première fois, la droite est menacée de disparition ».

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