Trop c’est trop. Pour un nombre croissant de députés LREM, il est temps qu’Emmanuel Macron renforce sa fameuse « jambe gauche ».

Par Jannick Alimi 

Ce n'est pas le début de fronde, à l’image de ce que l'on a vu sous le quinquennat Hollande. Mais c’est vrai que des voix au sein de LREM et pas seulement des ex députés socialistes s’inquiètent de plus en plus d’une orientation trop libérale pour les uns, trop sécuritaire pour les autres. Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, avait déjà été interpellé sur l’allongement de la durée de rétention des migrants. Aujourd’hui, des députés pourtant proches de l’Elysée ont poussé Collomb à supprimer une mesure qui remettait en cause la procédure d’accueil en France des étrangers frappés d’une maladie grave. 

Sur les inégalités et le pouvoir d’achat, le débat au sein de la majorité monte

Brigitte Bourguignon, la présidente de la commission des affaires sociales, avait déjà demandé un effort sur les minima sociaux. Aujourd’hui, c’est Joël Giraud, le rapporteur général du budget lui –même, pilier de la LREM à la Commission des finances de l’Assemblée nationale, qui réclame la redistribution de la cagnotte fiscale en faveur des plus défavorisés. La cagnotte, ce sont les rentrées fiscales supplémentaires rendues possible grâce à une croissance meilleure que prévu. Soit plus de 4 milliards en 2017. Cette « bonne fortune » comme il l’appelle, le député En marche voudrait en redistribuer 20% aux plus démunis. Et ce n’est pas tout. Sacha Houlié, un élu proche de l’Elysée plaide, lui, pour le retour de la demi-part fiscale des veuves supprimée par Nicolas Sarkozy en 2008, une mesure de « justice fiscale », selon lui.   

Mais pour le chef de l’Etat, pas question de faire du body building en matière sociale

Pas de redistribution de cagnotte en perspective donc. Mais on apprend que la défiscalisation des heures supplémentaires supprimée par François Hollande serait de nouveau appliquée dès 2020. On se souvient que cette mesure avait fait gagner NicolasSarkozy en 2007. Le gouvernement reprendrait une mesure de droite pour répondre à la gauche de son mouvement. Un « en même temps » bien macronien.

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