Ce matin, la bataille de la mémoire que se livrent nos politiques autour de l’héritage de Clemenceau…

Georges Clémenceau
Georges Clémenceau © Maxppp / maxanciennes056502

Par Renaud Dély

On sait depuis Johnny qu’on a tous en nous quelque chose de Tennessee. Mais ces temps-ci, nos élus prétendent avoir tous en eux quelque chose de Georges Clemenceau. Ils ont tous un « Tigre » dans le moteur si j’ose dire. On l’a vu samedi quand Emmanuel Macron a visité la maison de Clemenceau transformée en musée dans le XVI ème arrondissement de Paris.

Mais c’était le 11 novembre, l’armistice de 1918, c’était donc normal d’honorer Clemenceau ?

Bien sûr. Mais si Clemenceau est ainsi célébré, c’est parce qu’il rassemble large. Et ça, ça plait aux macronistes pour lesquels il fut, en quelque sorte  « et de droite et de gauche ». Communard, anti-colonialiste, dreyfusard, mais aussi un ministre de l’Intérieur « briseur de grèves » et donc un chef qui n’avait pas peur de devoir faire la guerre, quand toute une gauche, avec Jaurès, est longtemps restée foncièrement pacifiste.

Bref, à écouter l’Elysée, Clemenceau, un siècle avant Macron, c’était déjà le « en même temps »…

Pour d’autres, comme Manuel Valls, grand admirateur du « Tigre », c’est surtout la figure d’une gauche qui ne s’est jamais trompée sur les enjeux essentiels, notamment sur la laïcité. Et par les temps qui courent, où la gauche ne sait plus où elle habite, on comprend que la référence soit appréciée.

Et puis il y a aussi une dernière raison qui explique que tant de nos hommes politiques fantasment quand ils regardent la carrière de Clemenceau ?

Quelle est cette raison ?

C’est Manuel Valls qui me le faisait remarquer il y a quelques jours. Vous savez à quel âge Clemenceau est revenu au pouvoir en 1917 ? A l’âge de 76 ans ! Alors quand le nouveau monde macronien prétend vous mettre à la retraite quand vous avez dépassé 40 ans, la longévité de Clemenceau, évidemment, ça laisse de l’espoir à Manuel Valls, 55 ans, et à beaucoup d’autres

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