Demain, le chef de l’État sera l’invité du journal télévisé de TF1, à 20h, par Gilles Bouleau. Pour une interview particulière, depuis le porte avion Charles de Gaulle qui vient marquer une accélération des prises de parole.

Revenons sur ces quinze derniers jours. Tout commence, le 1er novembre, par une interview dans Ouest-France. Puis, une allocution à la télévision sur la Nouvelle-Calédonie. Ensuite, on a eu droit à une interview au Républicain Lorrain, puis une autre sur Europe 1, il y a une semaine, puis encore une intervention sur France 3 Hauts de France. 

On peut ajouter à cela, un entretien sur CNN, ce dimanche, qui a fait hurler Donald Trump. On sait que le président américain déteste CNN. Enfin, Emmanuel Macron a parlé non-stop pendant son itinérance mémorielle dans l’Est et dans le Nord

Le président a pris la parole dans les lieux de bataille, dans une usine Renault, dans une mairie, dans la rue avec les gens, il a répondu à toutes les questions sur l’essence. Il a parlé de précarité, dans un centre social. Il a parlé de la mémoire dans un colloque historien, et il a parlé sous l’arc de Triomphe, pour le 11 novembre. 

Qu’est-ce que cette accumulation marque ?

Il y a comme un changement de stratégie de communication. Jusqu’à présent. Emmanuel Macron avait théorisé la parole rare. 

A l’époque, il s’agissait de jouer la verticalité, de se démarquer aussi de François Hollande qui aimait tant parler de tout, à tous moments. 

Mais voilà, Emmanuel Macron est rattrapé, lui aussi, par la nécessité de parler pour convaincre, pour inverser la courbe de l’impopularité, quitte, et c’est le risque, à avoir une parole qui se démonétise. 

Ne seraient-ce pas à ses ministres de  parler davantage ? 

C’est là que le bât blesse. Le président est tout seul en première ligne. Prenez la polémique sur l’hommage à Pétain. Où est sa ministre des armées Florence Parly et sa secrétaire d’État Geneviève Darrieusecq? Où sont les députés sur les plateaux télé ?

Pour la petite histoire, les argumentaires envoyés aux parlementaires pour porter la bonne parole sur les plateaux a été envoyée par le gouvernement, dix heures après le déclenchement de la polémique. Dix heures, à l’échelle des chaines d’info, c’est une éternité. 

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