Depuis les Européennes, Les Verts qui étaient arrivés en troisième position derrière le Rassemblement national et La République en Marche veulent jouer dans la cour des Grands. Mais à la veille de son Congrès, le parti ne semble pas encore guéri de ses péchés de jeunesse…

Sur la scene, Yannick Jadot avec touts les candidats de la liste EELV a la fin du meeting. Dernier meeting de la liste Europe Ecologie les Verts - EELV - au Cirque d Hiver avant les elections europeennes. Paris, 21 mai 2019.
Sur la scene, Yannick Jadot avec touts les candidats de la liste EELV a la fin du meeting. Dernier meeting de la liste Europe Ecologie les Verts - EELV - au Cirque d Hiver avant les elections europeennes. Paris, 21 mai 2019. © AFP / Karine Pierre / Hans Lucas

C’est vrai qu’avec leurs 13,5% aux Européennes, les Verts ont pu renvoyer l’image d’un parti débarrassé de son acné juvénile, c’est-à-dire définitivement sorti des guéguerres sadomasochistes internes qui les ont toujours empêchés d’arriver au pouvoir. Les Verts seraient un parti prêt désormais à conquérir des villes y compris les plus grandes comme Paris, un parti décidé à propulser enfin un des leurs à la magistrature suprême, en l’occurrence Yannick Jadot, vainqueur du scrutin européen. Un passage à l’âge adulte que doit acter le Congrès qui se tiendra en deux temps samedi prochain puis le 30 novembre, avec quatre résolutions et, au moins pour les deux premières d’entre elles, une ligne commune, celle d’une écologie de gouvernement. 

Mais rien n’est jamais totalement rose au royaume des Verts

Et la Marche contre l’islamophobie a été l’occasion de montrer qu’il y avait toujours plusieurs nuances de « green » dans le parti Vert ? On a vu un Yannick Jadot expliquer pourquoi il soutenait cette marche controversée mais sans y aller avant d’expliquer pourquoi il ne la soutenait plus. Tandis que le patron du parti David Cormand applaudissait à cette marche des deux mains et que le parti soutenait la sénatrice écolo Esther Benbassa qui assumait de se faire photographier avec une fillette affublée d’une étoile jaune à cinq branches. Le congrès qui devait être celui de l’apaisement pourrait au contraire, être une nouvelle fois, celui de la flagellation et de la division.

Pour les Verts, l’horizon élyséen risque-t-il de s’éloigner ?

Il est trop tôt pour l’affirmer. D’autant plus que les Verts eux-mêmes sont conscients de leurs faiblesses dans les domaines relevant de l’exercice du pouvoir comme la sécurité, l’immigration, ou encore l’économie et la place de l’entreprise dans une société en butte au réchauffement climatique… Autant de thèmes sur lesquels les Verts ne sont ni entendus ni même très attendus… Des thèmes que le parti et Yannick Jadot veulent muscler pour déboucher sur un corpus idéologique clair et surtout unificateur. Un travail indispensable qu’il faut finaliser avant la présidentielle. Au risque sinon de rester un parti Canada Dry, des Verts qui ont l’apparence et la couleur d’un parti mais qui ne sont pas – encore- un parti. 

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.